Montfort, si loin et si proche...

Damien Robitaille... (Courtoisie)

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Damien Robitaille

Courtoisie

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Damien Robitaille sera le fer de lance de la poignée d'artistes franco-ontariens qui célébreront en musique, mercredi 22 mars, le 20e anniversaire du grand ralliement pour la sauvegarde de l'Hôpital Monfort.

En 1997, ce rassemblement attira 10 000 personnes au Centre civique d'Ottawa, lors d'une journée mémorable devenue depuis un symbole de victoire et de fierté. Et le jour officiel de la «solidarité franco-ontarienne».

Entièrement gratuit, le spectacle de mercredi réunira au même endroit - la Place TD, désormais - Robert Paquette, Chuck Labelle et Serge Monette, - lesquels avaient participé au concert de 1997 - ainsi que Jean-Marc Lalonde (Deux Saisons ; Hey, Wow!).

Épaulés par une nouvelle génération d'artistes - incarnée par Damien Robitaille, Ariko, ainsi que les Ottaviens Yao, Gabrielle Goulet et Moonfruits - ces vétérans mêleront leur répertoire aux chansons qui résonnèrent il y a 20 ans, en pleine lutte pour la survie de Montfort, afin de faire vibrer la fibre nostalgique de la foule.

Regards croisés sur une croisade...

Une place de choix à Damien Robitaille

Globe trotteur faisant rayonner la Franco-attitude loin au-delà des frontières de l'Ontario et actuel chouchou des pavillons auditifs, Damien Robitaille bénéficiera d'une vitrine un peu plus longue que ses complices réunis mercredi sur la scène de la Place TD.

La croisade pour sauver Monfort, avoue-t-il, est assez floue dans l'esprit de l'adolescent de 15 ans qu'il était en 1997, alors qu'il s'exerçait au piano et à la guitare à Lafontaine, petit village de la Baie Georgienne. À quelque 450 kilomètres de l'emblématique hôpital, donc. «Je me souviens qu'il y avait une affiche 'SOS Montfort', dans l'école, mais honnêtement, on était si loin d'Ottawa... je n'avais pas vraiment conscience » des enjeux socio-politiques que représentait la sauvegarde de Montfort. «Ma vie, c'était Lafontaine, et je n'aurais jamais rêvé sortir de là. Je n'ai jamais pensé que j'allais [atterrir] à Montréal», avoue-t-il en éclatant de rire.

Si, ado, il était déjà déterminé à devenir chanteur, c'est à l'époque en anglais qu'il projetait sa carrière, lorsqu'il gratouillait sa guitare sur la plage de Lafontaine. Le choix de chanter en français s'est fait plus tard, à l'université, «poussé avec l'envie de retrouver les racines et ne pas perdre la culture de [s]on père».

En revanche, l'esprit de «solidarité franco» que sous-tendent tant le concert que la date du 22 mars le concerne de près. Il est d'ailleurs bien conscient, et s'en réjouit, d'avoir profité (par la bande) de ce que le remue-ménage de 1997 a légué à sa communauté. «Ce n'est que tout récemment que Monfort est venu me toucher personnellement, puisque ma soeur, qui habite à Ottawa - sur la rue Monfort - vient d'accoucher d'un bébé à l'Hôpital Montfort, il y a trois semaines. Et je trouve ça génial qu'elle ait pu avoir un service en français! C'est important», précise-t-il.

Fibre patriotique

«La bataille pour Monfort ne m'a pas touché directement [à l'époque], mais les services en français, c'est quelque chose [à laquelle sont sensibles] tous les Francos. Mes ancêtres ont dû se battre pour tout, que ce soit le Règlement XVII ou 'l'école de la Résistance'.» Damien Robitaille utilise ici le surnom de l'École secondaire de la Huronie, créée en 1979 à Penetanguishene, ville située à dix minutes de Lafontaine. L'école francophone ferma ses portes après un an, mais l'aventure se poursuivit devant les tribunaux, dont l'issue victorieuse permit la création de l'école secondaire Le Caron, où il a étudié, et où a bourgeonné sa Fibre patriotique.

Les ravages de l'assimilation, Damien Robitaille les a vus de près. Il a constaté «à quel point le français disparaissait petit à petit, dans notre région». 

«Tu ouvres le bottin téléphonique de Lafontaine: tous les noms sont francophones. Mais aujourd'hui, le français est bien moins présent. On perd des services petit à petit. Il nous reste heureusement la petite école et l'église [où, enfant de choeur, il faisait résonner sa voix, les dimanches] mais on a perdu notre caisse populaire, notre quincaillerie, et même notre petit magasin du coin. Avant, les propriétaires du dépanneur étaient francophones; plus maintenant», regrette-t-il, en insistant sur le danger que représentent à ses yeux toutes ces occasions perdues «de pratiquer le français».  

«La culture meurt un petit peu plus à chaque fois que tu perds un service. Il est là, mon lien avec Monfort. J'ai peur que mon école disparaisse, parce qu'il y a de moins en moins d'élèves à chaque année. Et je ne sais pas ce qu'on peut faire... à part encourager les gens, encore plus, d'aller à l'école en français.»

Partager la scène avec les icônes que sont Robert Paquette et Chuck Labelle ne le stresse aucunement. «Pour moi, c'est comme un rassemblement communautaire. À chaque fois qu'on se retrouve ensemble, ce monde-là, on se sent comme en famille. Il y a comme une complicité immédiate. On se comprend, même si on vient tous de régions différentes.»

«Et puis c'est toujours plaisant de recroiser ceux qui viennent de mon coin de pays», conclut-il en référence à Jean-Marc Lalonde et à la famille Lefaive, qui constitue le groupe Ariko. Tous, comme lui, proviennent du comté de Simcoe.

Le spectacle est gratuit, mais les réservations sont nécessaires. Le billet donne accès gratuit aux autobus d'OC Transpo, 3 heures avant et après le concert.

Pour y aller

Place TD (1015, rue Bank)

Mercredi 22 mars, 19 h 30,

tdplace.ca ; 613 232 6767




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