Le Projet D... démystifié

À partir d'un décor conçu par John Doucet,... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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À partir d'un décor conçu par John Doucet, Lisa L'Heureux a mis en scène Projet D, qui réunit les textes de trois des auteurs Annie Cloutier, Mishka Lavigne et Antoine Côté Legault. Tous les cinq font partie du collectif littéraire Poids Plumes.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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Ce devait être «D» pour Décor. C'est aussi devenu, par la dynamique des choses, «D» pour Défis, Dialogues et Découvertes, tendus entre vulnérabilité et dureté, entre cartes blanches et contraintes. Pleins feux sur le Projet D de la metteure en scène Lisa L'Heureux et du scénographe John Doucet, présenté à La Nouvelle Scène du 8 au 11 mars.

À la base du projet de Lisa L'Heureux, il y avait cette idée de demander à John Doucet de conceptualiser un décor unique. Puis, de proposer à trois auteurs de s'en inspirer pour chacun créer une courte pièce.

«J'ai tendance à utiliser le bois et le tissu, dans mes décors. Lisa m'a mis au défi d'éviter ces matériaux pour développer le carré de sable dans lequel auteurs, comédiens et elle allaient jouer», explique le scénographe, en souriant.

Les comédiens Alain Lauzon, Maxine Turcotte et Chloé Tremblay évolueront ainsi dans et autour d'une vieille baignoire rouge remplie de baudruches congelées. Sur une plateforme et des «marches» aux angles et niveaux défiant quelque peu les lois de la gravité (ou le code du bâtiment!). Voire à travers des «rubans» de matière plastique s'étirant ici et là comme des filaments de rideaux ou encore des vêtements déchirés.

«Il y a une dichotomie intéressante entre les matières, pouvant évoquer à la fois la fragilité et une certaine forme de violence», fait valoir Lisa L'Heureux.

Deux facettes du décor auxquelles font écho les mots des auteurs Annie Cloutier, Mishka Lavigne et Antoine Côté Legault, mis à contribution pour habiter cet espace par le biais de personnages tiraillés entre leurs zones d'ombre et de lumière face au monde qui les entoure. Trois auteurs que la metteure en scène a également mis au défi de sortir de leur propre zone de confort.

«Ce sont des auteurs aux styles d'écriture assez variés qui, comme nous, font partie du collectif Poids Plumes. Ça fait donc quelques années déjà qu'on collabore, soutient Lisa L'Heureux. La complicité est établie, mais j'avais vraiment envie qu'on repousse ensemble nos limites.»

«Ç'a été un défi pour toi aussi, parce que c'est la première fois que tu mets en scène des textes d'autres auteurs», renchérit John Doucet.

Habituée jusqu'alors à mettre en scène ses propres pièces, Lisa L'Heureux a, en effet, dû s'approprier trois univers totalement différents afin de tisser des liens entre eux. Si bien que les trois pièces s'enchaîneront l'une dans l'autre, «sans arrêt», et que les comédiens «se transformeront devant le public», précise-t-elle.

Contaminations croisées

«On s'est rencontrés tous les mois pour travailler les textes ensemble, autour du décor - qui a évolué lui aussi, en cours de route. Il y a donc eu contaminations croisées, confie-t-elle en riant. Ça m'a permis de faire ressortir les petits clins d'oeil qui existent entre les pièces, comme le cri, qui revient dans deux textes. Et puis, même si l'énergie et le ton s'avèrent personnels et propres à chacun, ils s'inscrivent quand même dans un même environnement.»

Un environnement également sonore, que Simon Labelle a conçu sur mesure. Ce dernier a d'ailleurs poussé l'exercice jusqu'à éviter d'avoir recours à des instruments en bois, pour lui aussi correspondre aux contraintes imposées au scénographe lors de la confection du décor.

Antoine Côté Legault

Avec Et au-delà des gratte-ciel, Antoine Côté Legault a dû s'éloigner de la performance poétique pour se rapprocher d'une écriture plus dramaturgique.

Annie Cloutier

Plutôt adepte d'une dramaturgie de l'intime, Annie Cloutier donne, dans le cadre de Projet D, dans le théâtre éclaté et absurde, avec Reviens, mon lapin.

Mishka Lavigne

Si Mishka Lavigne cisèle habituellement des dialogues dans ses pièces, elle a cette fois préféré y aller d'un monologue d'une trentaine de minutes, intitulé Vigile.

Pour y aller

Du 8 au 11 mars, 19 h 30

La Nouvelle Scène

613-241-2727; nouvellescene.com




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