De grâce et de complicité

Entre les arrangements veloutés de Jean-Nicolas Trottier et... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Entre les arrangements veloutés de Jean-Nicolas Trottier et les interprétation nuancées de l'Orchestre symphonique de Gatineau, Isabelle Boulay a rendu un vibrant hommage à Serge Reggiani.

Etienne Ranger, Le Droit

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CRITIQUE / Réunis autour de Serge Reggiani, Isabelle Boulay et l'Orchestre symphonique de Gatineau (OSG) ont fait preuve de toute la grâce et la complicité d'un Vieux couple amoureux des mots et de la musique, vendredi soir, à la Maison de la culture de Gatineau.

L'élégance, d'abord. Celle des arrangements ciselés sur mesure par le compositeur Jean-Nicolas Trottier pour draper de velours les mélodies des pièces puisées dans le répertoire du comédien et chanteur franco-italien. Mais aussi l'indéniable raffinement des cordes vocales tout aussi soyeuses d'une Isabelle Boulay bien en voix.

La connivence, ensuite, entre une chanteuse en pleine maîtrise de son instrument, son pianiste (et fidèle accompagnateur) Benoît Sarrasin et un orchestre s'assurant de lui servir d'écrin, de l'enlacer tendrement de ses notes empreintes de respect. 

Pas de compétition, donc, pour se faire entendre ou chercher à se mettre en valeur au détriment de l'autre. Pas de grandiloquence inutile non plus (sinon un crescendo bien senti le temps de Si tu me payes un verre ou d'agréables effets de pieds et de cordes pincées sur Sarah). Nenni ! Le public a plutôt eu droit à des interprétations lyriques tout en finesse, livrées avec l'intelligence du coeur, celle qui a visiblement uni tous les artistes présents sur scène autour d'un seul but : se mettre au service des chansons. 

« Je suis très émue d'être ici ce soir, portée par un orchestre aussi beau, aussi sensible », a d'ailleurs confié la principale intéressée.

Et (trans) portée, Isabelle Boulay l'a sans contredit été.

Or, si on l'a sentie aussi à l'aise dans ce répertoire choisi, c'est entre autres parce qu'elle a présenté souvent ce Merci Serge Reggiani depuis la sortie de son album en 2014. Elle a d'ailleurs remporté le Félix du Spectacle de l'année - Interprète, en 2015.

C'est également parce qu'il existe une véritable parenté d'esprit, voire d'âme, entre l'Européen décédé en 2004 et la Québécoise de 44 ans, notamment dans la mélancolie et les thèmes abordés, de la solitude sereine parce qu'apprivoisée à leur rapport à l'amour, à l'enfance et au romantisme.

Entre l'essentielle Ma liberté à la tout aussi incontournable (et très bellement revisitée) Il suffirait de presque rien, Isabelle Boulay a entraîné le public sous Le pont de Mirabeau, chanté Les mensonges d'un père comme rendu hommage à Édith Piaf, qu'elle a dit aimer autant que Serge Reggiani.

Elgar et Sibelius

La musique de ce dernier était évidemment la raison d'être du spectacle. Cela n'a pas empêché le directeur artistique et maestro Yves Léveillé de proposer deux incursions dans le répertoire classique, en ouverture de chacune des deux parties du concert. 

Le Salut d'amour d'Elgar a ainsi ouvert la soirée dans un délicat élan romantique fort à-propos. Puis, la Valse triste de Sibelius a tout aussi joliment mis la table pour le deuxième volet de la soirée.

Isabelle Boulay et l'OSG remettent ça, ce samedi, devant une salle affichant de nouveau complet.




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