Leyla McCalla: chanter d'où l'on vient

Même si elle joue de la guitare et... (@SarahDanziger)

Agrandir

Même si elle joue de la guitare et du banjo, Leyla McCalla avoue avoir un faible pour son violoncelle. «C'est un instrument capable de laisser entendre autant de tendresse que de puissance», dit-elle.

@SarahDanziger

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Ottawa) Fille d'immigrants et activistes haïtiens, l'auteure, compositrice et interprète Leyla McCalla est enracinée à La Nouvelle-Orléans depuis plus de six ans. C'est de là qu'elle revisite son héritage entre folk américain, blues du bayou et chansons traditionnelles du pays de ses ancêtres; entre anglais, créole et français; entre reprises et pièces de son cru.

«Il faut arrêter de croire que le folk est blanc et le jazz, noir. Les États-Unis sont un pays d'immigrations, de métissages, y compris dans la musique!» soutient la trentenaire avec conviction, lorsque jointe quelques jours après l'investiture du nouveau président américain, Donald Trump.

À son arrivée en Louisiane en 2010, après des années passées à New York, Leyla McCalla a justement senti qu'elle rentrait en quelque sorte à la maison. Elle y a épousé Daniel Tremblay, qui l'accompagne aujourd'hui au banjo ténor et à la guitare. «Je me suis reconnue dans les haricots rouges autant que les noms des rues. Et dans la musique aussi, bien sûr!» clame la multiinstrumentiste.

Un portrait musical auquel elle a tenu à ajouter l'histoire des siens, en remontant ses racines, découvrant au détour que sa terre d'adoption était intimement liée à la révolution haïtienne. 

«Si nous avons tendance à pointer du doigt pour blâmer l'autre pour ce qui se passe actuellement dans notre pays, c'est notamment parce que nous avons du mal à nous identifier comme il faut, étant donné que nous ne savons pas d'où nous venons», fait-elle valoir.

Leyla McCalla reconnaît qu'elle tient un discours beaucoup plus politique en entrevue que sur scène. Au public, elle prend plutôt le temps de raconter d'où viennent les titres qu'elle revisite ou ce qui a inspiré ses propres textes et mélodies.

Soif d'apprendre

«Les gens ont soif d'apprendre. Et je crois que la musique a le pouvoir de rapprocher, de rassembler le monde. Et puis, comme plusieurs ne parlent pas créole, je dois mettre en contexte les paroles, si je veux que les gens comprennent!»

Sur son plus récent album, A Day For the Hunter, A Day For the Prey, l'artiste explore la dualité chasseur-proie. «Est-ce qu'on se bat ou est-ce qu'on fuit devant le danger ou ce qui nous fait peur? Nous sommes tous, et souvent plus d'une fois au cours de notre existence, confrontés à cette réalité, et, selon les situations, nous choisissons parfois d'être chasseurs, parfois d'être proies.»

La chanson-titre du disque évoque d'ailleurs le choix déchirant de tout abandonner derrière soi dans l'espoir d'une vie meilleure dans un autre pays. Comme les boat people vietnamiens et haïtiens l'ont entre autres fait avant les réfugiés tentant aujourd'hui de traverser la Méditerranée. 

Dans un registre plus personnel, Far From Your Web fait état du sentiment de liberté qu'elle a ressenti quand elle a réussi à s'échapper de l'emprise d'un ex-petit ami.

Si elle joue de la guitare et du banjo, Leyla McCalla avoue avoir un faible pour son violoncelle. Elle fréquentait l'école primaire, quand elle est tombée sous le charme de cet instrument «toujours aussi grand, ou presque» qu'elle. «C'est un instrument capable de laisser entendre autant de tendresse que de puissance. Il y a quelque chose de réconfortant pour moi à le tenir, à faire corps avec lui», souligne la musicienne.

Si elle l'a d'abord fréquenté de façon plus classique jusqu'à l'approche de la vingtaine, elle a depuis exploré d'autres voies pour le faire «parler». «Le violoncelle possède de nombreuses voix, qu'il m'appartient de laisser s'exprimer par mes mélodies. Curieusement, c'est en expérimentant différentes techniques que j'ai trouvé ma propre voix, ce que j'avais envie de partager par mes chansons.»

Vous voulez y aller?

  • Qui : Leyla McCalla
  • Quand : 16 février
  • Où : Le Bal du Lézard à 21h30
  • Entrée : gratuite

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer