Luc De Larochellière: un voyage de rêve(s)

Luc De larochellière a fait voyager la Salle... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Luc De larochellière a fait voyager la Salle Jean-Despréz jusqu'au bout de son Autre monde.

Etienne Ranger, Le Droit

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CRITIQUE / Luc De Larochellière a transporté jeudi le public de la Salle Jean-Desprèz D'état en état. Lui, en état de grâce, nous, d'apesanteur, tandis qu'il défendait Autre monde, son onzième album en carrière, à nos yeux l'un de ses plus célestes.

«Vagabond en exil» autoproclamé (sur Voyageurs, pièce introductive du disque, et qui amorçait logiquement ce concert), Luc De Larochellière a ouvert grand les portes de la rêverie. Un rêve de voyages. Et un trip flottant sur les rêves. 

On l'a suivi. Quel fauteuil? Quel hiver «beige et froid»? Quelles guerres, colères ou querelles ? Sur les ailes de ses morceaux globe-trotteurs, débordant d'humanité et de profondeur, et par des détours poétiques sachant brouiller les cartes, il nous a emportés. On était ailleurs. Partout. Nulle part. «Loin des vérités qui plombent».

 On s'est laissé bercer le long des reliefs délicats de sa topographie musicale où s'étreignent l'intime et le cosmique; dorloter par les mélodies ouatées. Petit moment de béatitude, partagé semble-t-il par les nombreux (malgré une pleine rangée de fauteuils vides) Pelleteurs de nuages venus s'interroger sur L'avenir du monde en sa compagnie.  

Le chanteur n'a pas apporté sur scène toutes les cordes qui nimbent son disque, mais il a pu compter sur le lustre du violoncelle d'Étienne Ratthé. Lequel encadrait José Major (un fier Chénévillois) à la batterie et Jean-François De Bellefeuille aux claviers, pas moins redoutables.  Leurs harmonies ont su rendre justice aux arrangements de cordes du disque. «Sans la moindre piste pré-enregistrée», a précisé le chanteur.

S'ils a surtout escaladé les contreforts d'Autre monde, le chanteur a aussi pris le temps de revisiter quelques recoins moins fréquentés de sa discographie.

Les incontournables se sont fait attendre un peu. Sauvez mon âme prend une couleur intéressante, baignée dans cette atmosphère confraternelle et feutrée, ce continent solidaire situé à des années-lumière d'Amère America... qu'on a été surpris d'entendre, jeudi, coincée, ironie du sort, entre un visa pour Cash City et un laissez-passer pour le Suicide américain, grinçante envolée portant sur les armes à feu. 

Laissant le «sablier couler à l'envers», les musiciens ont survolé des plages un peu oubliées (Unis, C'est pas l'paradis). Puis ont magnifiquement cartographié cette île à la Beauté perdue. On creuse au passage la mémoire, cette «valise entre les deux oreilles»: Dis... tu te souviendras, sur sa mère atteinte  d'Alzheimer, nous tirera une larme. 

Le voyage s'apprécie même (et mieux) Imparfait, a-t-il rappelé. Et il peut se faire fuite: dans la pièce-titre, exploration des «réalités alternatives» de ce vaste monde, que Luc le vagabond a interprétée avec le sourire en coin. Il a saupoudré le chemin de quelques blagues, histoire d'alléger le côté «quête de sens». 

Il s'est dérobé à 22h10, après les délicates Si j'te disais reviens et Si fragile, servies en rappel, nous laissant planer Comme un chien dans l'espace, titre co-écrit avec Andrea Lindsay, dont il venait d'offrir une relecture raffinée.

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