Mani, fin de party

Mani Soleymanlou présente 8, dernier volet de sa... (Olivier Jean, La Presse)

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Mani Soleymanlou présente 8, dernier volet de sa plus récente trilogie.

Olivier Jean, La Presse

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Que peut le théâtre? C'est la question que continue de se poser l'auteur et metteur en scène Mani Soleymanlou, de retour au Centre national des arts avec sa toute dernière création, 8, présentée du 1er au 4 février.

La réflexion ne date pas d'hier, mais elle se double d'inquiétudes aujourd'hui, à l'heure où nombre d'artistes se demandent que faire collectivement lorsqu'ils constatent ce qui s'est profilé au cours des derniers mois. «Trump, la crise des migrants, la montée de la droite...» Mani Soleymanlou égrène le chaos d'un monde devenu incompréhensible.

«Que faire lorsqu'on ne voit que du noir, de la colère et très peu d'espoir? Que faire collectivement?» Du théâtre! Avec sept autres complices acteurs, l'artiste d'origine iranienne remonte sur scène pour clore sa deuxième trilogie amorcée avec Ils étaient quatre puis Cinq à sept. Prolifique - il monte une production par année depuis six ans - Mani Soleymanlou était pour la dernière fois à l'affiche du CNA en 2014 avec Deux, après y avoir proposé Un quelques mois plus tôt.

«Après ma première trilogie inspirée de l'identité, j'ai voulu passer à autre chose; j'en avais marre d'être pris pour l'expert de service en immigration et laïcité, dit-il. Je voulais parler d'amitié, m'interroger alors sur ce qui nous constitue comme hommes à la trentaine.» 

Théâtre numéraire, bis

Une autre trilogie se dessine, parce que Mani Soleymanlou apprécie particulièrement ce format propice à l'exploration d'un thème sur plusieurs spectacles. «Je laisse mûrir et mariner le sujet.»

Le résultat lui réserve parfois des surprises: 8 aurait dû regrouper tous les acteurs des deux premiers volets de la trilogie et mettre en scène la fête mentionnée dans les pièces précédentes, mais évoque plutôt les doutes et inquiétudes de ses créateurs. Allons donc, l'heure ne serait-elle plus à la fête?

«J'ai réalisé que je bénéficiais d'une tribune et peut-être d'une responsabilité autre que celle de raconter des histoires, poursuit le metteur en scène. 8 reflète cette colère du moment présent.» 

Il fait appel à des comédiens de la même génération que lui - «entre 35 et 45 ans» - cette génération «animée par un sentiment d'incapacité et d'incompréhension, larguée, qui cherche à se réfugier dans le travail». Il leur demande d'écrire chacun une scène qui les anime, contribution collective qui constituera le canevas du spectacle. Beaucoup partagent le même constat. 

«Nous commençons à devenir parents, à avoir de nouvelles responsabilités, à devoir expliquer à nos enfants le monde dans lequel nous vivons, tout en voyant notre jeunesse disparaître. Qu'est ce qui nous attend après ?»

Avec ce dernier spectacle de la compagnie Orange Noyée, Mani Soleymanlou continue de faire le pari d'une certaine intimité du propos, intimité qui a su trouver écho dans ses précédents spectacles. Gage de succès, le metteur en scène retournera à Paris en mars remonter sa première trilogie avec des comédiens français.

Pour y aller

OÙ? Centre national des arts

QUAND? Du 1er au 4 février, 20 h. Supplémentaire le 4 février à 15 h.

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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