Des roches pas poches

Patrick Potvin et Charles Rose, les deux interprètes... (Courtoisie de Mathieu Girard)

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Patrick Potvin et Charles Rose, les deux interprètes de Des Roches dans ses poches au Théâtre de l'Île

Courtoisie de Mathieu Girard

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CRITIQUE / D'entrée de jeu, on se dit qu'une pièce commençant par «je prendrais bien une tarte au citron, s'il-vous-plaît» ne doit pas être désagréable.

Ainsi débute Des Roches dans ses poches, comédie écrite par l'auteure irlandaise Marie Jones et adaptée au Québec par René Daniel Dubois. Deux comédiens y campent 14 personnages, rien de moins. Un spectacle ambitieux offrant de multiples défis, tant pour la direction d'acteurs, le jeu, que les transitions éclair entre les rôles...Bref, tout dans la mise en scène doit être réglé au millimètre, sans costume ni accessoire, de surcroît. À l'orchestration : le metteur en scène Mathieu Charette. À l'interprétation : Patrick Potvin et Charles Rose.  

On les découvre au Théâtre de l'île en figurants sur un plateau de tournage. 

Une grosse production américaine a campé son décor dans leur village de Gaspésie. «Bonne paie, bouffe gratis, un vrai cadeau du ciel !», résume tout sourire le figurant Robert Meloche (Patrick Potvin), les mains dans les poches. Les tableaux s'enchaînent selon un rythme cinématographique d'une heure et demie avec des changements de personnages cocasses plutôt bien menés. 

Question distribution, la connivence et l'écoute entre les deux comédiens portent toute la pièce. Du cinéma, il restera une scénographie maladroitement dominée par un écran vert pomme qui écrase tout l'espace scénique. Petit couac car le jeu d'acteurs, sinon plein d'énergie et de fraîcheur, méritait mieux.

Quand le théâtre fait son cinéma

L'ensemble offre un défilé de scènes où l'on suit les mêmes personnages, où on les perd et où on les retrouve. Il y a Paul Blais et Robert Meloche, deux amis employés comme figurants et qui partagent leurs états d'âme sur le plateau. L'un aurait bien un scénario à proposer à la vedette du film, la célébrissime Caroline Giovanni, diva flanquée de ses gorilles de gardes du corps.  

Les personnages semblent sortir d'une planche de BD où un dessinateur les aurait crayonnés et recrayonnés. Les duos forts du spectacle ? Les assistants / réalisateurs de la production. Introduit immanquablement par les répliques «Dussault ? Oui Simon !», le duo très maniéré promet les séquences les plus enlevées de la pièce. 

Un coup d'épaule, un autre personnage apparaît. Les transformations révèlent de belles surprises et l'on finit par s'attacher aux personnages en dépit de quelques longueurs en première partie. 

Le récit prend une autre tournure à l'arrivée de Marc Thibodeau, jeune drogué notoire du village recalé des auditions. Campé avec justesse par Charles Rose, Marc évite que la pièce ne tombe simplement dans la grosse comédie. Son destin finira par bousculer le tournage du film Le Rivage tranquille, plus tranquille du tout. Sans que l'on s'y attende, la pièce en vient à questionner la place des uns et des autres au sein des petites communautés, l'intégration de tous et l'indispensable tolérance de chacun. Le titre du spectacle, on le découvrira par la suite, n'a finalement rien d'humoristique. 

Hasard du calendrier, la première de ce spectacle qui prend l'affiche jusqu'au 25 février, coïncidait avec la journée de sensibilisation sur la santé mentale, thème caché de cette comédie douce-amère.

POUR Y ALLER

Théâtre de l'Île

Jusqu'au 25 février

819-243-8000 ; ovation.qc.ca

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