Michel Cusson: musiques inspirées sur écran noir

Michel Cusson continue de bousculer les genres et... (Photo courtoisie)

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Michel Cusson continue de bousculer les genres et il nous invite dans son univers, vendredi, à la Maison de la Culture.

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Un pied dans la musique savante, l'autre dans la musique profane, Michel Cusson continue de bousculer les genres.

L'instrumentiste nous ouvre les portes de son laboratoire pour un spectacle peu ordinaire, à la croisée du langage cinématographique et de l'improvisation jazz. À voir et écouter le 27 janvier à la Salle Odyssée.

Compositeur des bandes originales des séries télévisées Omertà et Unité 9, il fut surtout l'un des précurseurs, au Québec, de l'hypnose musicale cinématographique à base de motifs façonnés sur guitares, boucles lancinantes qui enflent, sinuent, galopent, renversent les frontières entre les genres et trouvent encore aujourd'hui un écho sur scène.

« Sa petite quincaillerie extrêmement puissante », « son mini spaceship »... Les expressions ne manquent pas pour qualifier le matériel qui l'accompagne en tournée. En d'autres termes : trois guitares et un ukulélé, plus deux ordinateurs. De quoi lui permettre de faire du looping, seul en scène, pendant près de deux heures. 

Le concept est simple, souvent utilisé en concert : il s'agit d'enregistrer un premier instrument qu'on fait tourner en boucle et sur lequel on ajoute d'autres instruments.   

Ce spectacle s'inspire de son plus récent disque, Michel Cusson Solo, sorti en 2015, soit l'aboutissement d'une longue démarche artistique. La genèse de l'album ressemblerait au scénario d'un film dramatique : un jour, en vacances, le compositeur aperçoit une femme désespérée jeter à la mer des cartons de documents personnels - dont des photos de famille.

« Pourquoi a-t-elle voulu se débarrasser de son passé ? », se demande l'artiste, aussi éberlué que tous les autres badauds témoins de la scène. « Si elle avait voulu mettre fin à son passé, elle aurait mis le feu aux photos alors qu'elle décide de les jeter à l'eau, comme on lancerait une bouteille à la mer ».

Indiscrétions  

Le vacancier bien inspiré ramasse alors ces albums de famille à la dérive, les fait sécher et les oublie dans une boîte pendant 3 ans. « Ils étaient devenus de véritables tableaux, on ne reconnaissait plus personne dessus. » Ce sera l'élément déclencheur de son dernier disque où il imagine recréer la trame sonore de ces clichés fanés mais évocateurs. En chef d'orchestre d'une nouvelle vie à redonner à ces images...

À 60 ans, avec déjà des dizaines de bandes originales à son actif et de nombreuses récompenses, le Québécois est le compositeur de musiques de film que les plus grands réalisateurs s'arrachent. Il planche actuellement sur la partition du nouveau film de Léa Pool, Et au pire, on se mariera tout en menant sa tournée solo au Québec.  

Si la musique est une abstraction visant à donner des émotions concrètes aux spectateurs d'un film, le mystère persiste pour le profane dans la manière dont un artiste sort cette « abstraction » de son imagination pour la mettre au service d'un réalisateur... Le compositeur nous dévoile quelques-unes de ses astuces : « En général, quand je compose des trames sonores, je fige l'image et j'analyse ce qu'on a voulu dire. J'essaie de trouver le mot-clé et souvent une photo m'inspire ce mot-clé. » 

Ainsi travaille Michel Cusson : en arrêts sur images, à sonder l'émotion exprimée pour la transférer en ambiances sonores. Il n'était donc pas étonnant qu'il s'inspire, un jour, de photographies retrouvées.

Pour y aller

Quand ? 27 janvier, 20 h

Où ? Salle Odyssée 

Renseignements ? 819 243 2525 salleodyssee.ca

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