Le souffle de faire dire  de Michel Ouellette

Le dramaturge et poète Michel Ouellette a travaillé... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Le dramaturge et poète Michel Ouellette a travaillé avec la comédienne Céline Bonnier pour la mise en lecture de son Dire de Di.

Patrick Woodbury, Le Droit

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C'est une affaire de souffle. Celui d'une adolescente : Di, qui se raconte sans fard. Celui d'un dramaturge et poète, aussi : le Franco-Ontarien Michel Ouellette, qui lui prête sa plume. Puis celui d'une comédienne : Céline Bonnier, qui, elle, donnera corps et voix à Di, lors de la mise en lecture de la pièce, les 11 et 12 janvier, à La Nouvelle Scène.

Dépossession territoriale, fragmentations identitaires, désirs à fleur de peau et souvenirs fossilisés : l'arrivée de Peggy, mandatée par une compagnie minière qui menacera l'équilibre de son clan, Le Dire de Di laisse jaillir les pulsions et questions existentielles de Diane, qui se dit « Di tout court », parce qu'elle a « laissé tombe l'ane ».

« J'aimais cette idée de creuser, de réveiller et de révéler le passé petit à petit, dans une tentative de Di de se réapproprier la surface comme tout ce qui se cache dessous pour mieux comprendre ce qu'elle ressent, ce qui se passe autour d'elle », explique Michel Ouellette.

Ce dernier ne cache pas qu'une certaine « forme de frustration » par rapport au milieu avait fini par le gagner. « Plusieurs des pièces que j'ai écrites au cours des 10, 15 dernières années, ont été lues mais jamais montées... » Si bien qu'il avait délibérément mis de côté ce projet afin de consacrer ses énergies à « autre chose », laquelle s'est développée en roman qui devrait paraître au cours de l'année.

C'était toutefois sans compter sur la forte personnalité de Di. Qui est  depuis revenue s'épancher. « Je l'ai donc laissé parler, sans chercher à dompter sa prise de parole. »

Di lui a en quelque sorte imposé son « dire », une forme littéraire nouvelle pour l'auteur franco-ontarien, qui en a vite apprécié la souplesse. 

« Le dire peut vivre dans un contexte non-théâtral. Il pourrait être lu n'importe où, voire ici, dans ce café », fait-il valoir, en englobant du regard le lieu de l'entrevue.

M. Ouellette aime le minimalisme pour contrer ce qu'il qualifie d'« idées de grandeur », de quête « d'effets de travail esthétique ».

« J'avais envie de revenir à l'essence du texte. Au souffle dont tout part, selon moi. Parce qu'à la base, c'est ça, le théâtre : un corps, une voix et un souffle qui révèlent un texte. »

Lors des séances de lectures avec Céline Bonnier, Michel Ouellette lui a ainsi demandé d'aborder le texte d'un ton neutre pour laisser le rythme s'installer, « laisser l'émotion surgir du travail fait ensemble ».

Or, le fait que la comédienne soit une femme de 50 ans et non une adolescente de « seize ans, presque dix-sept » a donné une autre profondeur à la mise en lecture.

« Ça permet un jeu entre l'actrice et son personnage, dans la façon de donner voix aux autres personnages qui entourent Di, par exemple », conclut-il.

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