Le pouvoir d'inventer des histoires

Dans Toutou, Pier Rodier et Marie-Thé Morin manipulent... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Dans Toutou, Pier Rodier et Marie-Thé Morin manipulent leurs marionnettes, tantôt cachées derrière le castelet, tantôt au vu et au su des spectateurs.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Pour les 35 ans de Vox Théâtre, Pier Rodier et sa complice Marie-Thé Morin se sont donné le défi de donner corps et voix à un spectacle... sans paroles. Plongée dans l'imaginaire et la poésie, en compagnie d'un chien appelé Toutou, qui entraînera petits et grands de la ville à la Lune, par monts et par vaux, dans l'espoir de rentrer à la maison, les 28 et 29 décembre, à La Nouvelle Scène.

Ils se poursuivent à qui mieux mieux, jonglent avec des seaux et s'amusent à saluer le public, dans la plus pure tradition clownesque. D'ailleurs, quand les deux gaffeurs  réussissent un bon coup, ils ne s'écrient pas « Tadam! » mais bien « Toutou! » - en l'honneur du héros de la pièce, en quelque sorte. Ainsi, ils font avancer la trame narrative à grands renforts d'onomatopées, de bruitages et de fredonnements de chansons, en plus de manipuler leurs diverses marionnettes cachés derrière le castelet ou au vu et au su du public. 

L'histoire de la pièce est simple: perdu, Toutou cherche à rentrer à la maison. Pour y parvenir, il devra toutefois - et entre autres péripéties - échapper à l'employé de la fourrière et à un requin menaçant. Pour y parvenir, il pourra compter sur l'aide de deux clowns aussi sympathiques que maladroits. Et non sans avoir été dans la lune. Littéralement.

« On souhaitait que les jeunes se fassent leur propre histoire à partir de ce qu'ils voient et ressentent. On leur présente des images et des sons, on leur fait vivre des émotions, mais on leur laisse surtout le pouvoir d'imaginer ce qu'ils veulent », soutient Pier Rodier, dans un large sourire.

Pour le metteur en scène et comédien, l'onirisme de Toutou n'est pas sans faire écho « aux rêves que l'on peut faire, quand on dort, et qui ne sont pas toujours logiques ».

« En fait, on renoue collectivement avec le plaisir de descendre au sous-sol pour jouer à s'inventer des histoires ! » clame Marie-Thé Morin.

« C'est vrai que dans notre manière de jouer, il y a un genre d'abandon, comme si j'avais de nouveau sept ans et que je m'amusais à créer tout un univers », renchérit Pier Rodier.

Un côté artisanal assumé

Car tout, des marionnettes aux costumes, des castelets aux divers objets utilisés comme éléments de décors, revêt un côté artisanal pleinement assumé. Ici, de la laine jaune et des bouts de ficelle noire deviennent abeille. Là, des autos miniatures s'agglutinent sur une languette de bois pour former un bouchon de circulation.

« Ces objets, tout le monde les a à portée de main. On leur redonne tout simplement leur plein potentiel d'émerveillement, afin de, qui sait, allumer le pouvoir de création des enfants qui viennent voir le spectacle », explique Pier Rodier

« Même chose avec les bruits qu'on produit avec nos bouches: ils sont capables eux aussi de faire klaxonner une voiture ou encore de japper comme un chien », enchaîne Mme Morin.

Dans une ère de surabondance de stimuli visuels et d'horaires organisés, Toutou relève du désir des deux comparses de création d'inscrire leur démarche dans l'esprit du spectacle bien vivant. Avec tout ce que ça peut comporter de part d'improvisation, au besoin.

« La mise en scène, c'est le plan d'attaque. Mais quand tu arrives au front, ça ne correspond pas tout le temps à la réalité ! » lance en riant la comédienne.

Garder le spectacle vivant

Or, la réalité permet parfois des ajustements ou des suppléments stimulants, qui ajoutent à l'aspect vivant de leur prestation.

« L'idée de faire un numéro d'adresse avec les seaux en plastique nous est venu lors des premières représentations, mentionne Pier Rodier. Mais inutile de dire qu'on ne le réussit pas à chaque fois! »

Ce qui leur permet justement d'accentuer les bourdes de leurs personnages, dont la dimension clownesque a véritablement trouvé sa raison d'être au contact du public.

« En répétition, devant une salle vide ou devant nos collègues techniciens, cette dimension n'était pas évidente à doser, raconte Marie-Thé Morin. Nos clowns deviennent des créatures à part entière grâce à la réaction des enfants. Par exemple, mon tic de saluer les gens a enfin trouvé tout son sens. »

Dans la foulée d'Oz  

L'idée de développer un spectacle sans texte découle de la tournée de la précédente production, Oz, que le tandem a présenté en français et en anglais un peu partout.

« C'était la première fois qu'on incluait des marionnettes dans l'une de nos pièces », évoque Pier Rodier.

« Auparavant, Pinocchio avait marqué une première incursion pour nous dans le théâtre pour la petite enfance », ajoute Marie-Thé Morin.

« On s'était alors rendu compte que la narration n'est pas toujours nécessaire, quand on s'adresse aux tout-petits: tout est question d'images », complète son complice.

Le concept d'une pièce sans paroles, misant sur la dimension visuelle et vocale, s'est donc lentement mais sûrement imposé. Donnant ainsi l'occasion à un certain Toutou de prendre vie dans leur imaginaire.

Pour y aller

Les 28 et 29 décembre, 11 h et 15 h

La Nouvelle Scène

613-241-2727; nouvellescene.com

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