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La pièce Straight Jacket Winter est présentée au Centre national des arts.

Courtoisie

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CRITIQUE / Vancouver, de nos jours. Esther et Gilles, en couple, mènent l'existence des nouveaux arrivants fraîchement installés. Elle a décroché un contrat de deux ans dans une compagnie de théâtre, il l'a suivie quelques mois plus tard et cherche du travail. On est content de retrouver Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis sur scène, non sans devoir également avouer une certaine perplexité. Car cette pièce de théâtre sur un couple montréalais en exil à Vancouver, même sympathique, manque cruellement de rythme et n'évite pas les clichés sur l'expatriation.

Esther, agente de communication, est interprétée ici par Julie Trépanier tandis que Gilles confie son rôle à Frédéric Lemay. Les deux auteurs et metteurs en scène du spectacle restent en retrait du plateau, s'occupant surtout des projections vidéos et de la voix narrative. 

Tous les quatre accueillent les spectateurs dans l'ambiance d'un réveillon du Nouvel An, lequel bascule en une seconde en fête de départ. En effet, le couple s'apprête à partir à Vancouver. Un mois plus tard, à peine installée dans son petit appartement encore encombré de cartons, Esther goûte au sentiment de liberté des nouveaux départs dans une ville où personne ne la connaît. La difficulté de se faire de nouveaux amis et de s'adapter à un environnement inconnu où la deuxième langue officielle est le mandarin, les discussions par Skype avec ses proches si éloignés... Dans Straight Jacket Winter, au Centre national des arts jusqu'au 19 novembre, Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis abordent le profond sentiment de trouble qui naît de la situation d'exilé - d'un pays, d'une langue. Le couple survivra-t-il à ce déménagement ?

Si on s'amuse de quelques idées originales bien trouvées - la nostalgie de dénicher dans un carton un vieux vinyle de Robert Charlebois au regard ténébreux, ou encore l'évocation par transparence de la pluie sur la cité portuaire et la jolie reconstitution finale des rues, illuminées la nuit - le tout traîne en longueur. Est-ce la difficulté de mettre en scène l'ennui des protagonistes sans éviter de plomber le spectacle ? Devant leurs écrans - de téléphone, d'ordinateur - ils cherchent un échappatoire à leur déracinement mais ce techno-théâtre finit par nous faire bâiller.

Peut-être est-ce dû au marasme existentiel qui s'abat sur eux, à l'ajustement difficile à leur nouvel environnement, ou au mauvais temps qui les scotchent au canapé... Quand, 40 minutes après le début du spectacle, Frédéric Lemay lance : « Quel show de merde ! », on se demande s'il parle d'un film qu'il regarde à la télévision ou du spectacle auquel nous assistons. Malaise...

L'ennui considérable qui étouffe les personnages finit par nous envahir, empêchant cet ambitieux portrait de l'exil en couple de livrer sa juste mesure. Dommage.

Pour y aller

Jusqu'au 19 novembre

Centre national des arts

Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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