Dans la peau des héroïnes Dan

William Lau incarne les héroïnes Dan dans le... (Courtoisie)

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William Lau incarne les héroïnes Dan dans le répertoire de l'opéra de Pékin.

Courtoisie

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Rien ne prédestinait William Lau à incarner les héroïnes Dan du répertoire de l'opéra de Pékin, art ancestral inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO, comme il le fera ce samedi, à La Nouvelle Scène.

Rien, sinon sa grand-mère qui lui a envoyé en cadeau, alors que le Montréalais d'adoption entrait dans l'adolescence, une cassette sur laquelle elle avait enregistré quelques arias interprétés... en mandarin. 

« À cette époque-là, je ne parlais pas mandarin étant donné que je suis né à Hong Kong et que ma famille venait de s'installer au Québec ! » lance en riant William Lau, attablé dans un café d'Ottawa.

Il a tendu une oreille plus ou moins intéressée à ladite cassette, dans un premier temps. « J'entendais seulement des sons étranges, que je ne comprenais pas... »

Curieux, toutefois, il s'est ensuite rendu à la bibliothèque municipale, histoire de saisir pourquoi son aïeule lui avait envoyé une telle cassette. 

C'est donc « par du matériel en français et en anglais » que l'homme aujourd'hui établi au Canada depuis plus de 25 ans a « découvert » la tradition de l'opéra de Pékin.

Et ç'a été le coup de foudre : pour la richesse de son aspect visuel, la grâce d'interprétation exigée par le mariage de théâtre, danse et chant. Autant d'éléments qui ont mené William Lau en Chine, où il a étudié auprès de maîtres du genre. Ces derniers ont alors décidé qu'il camperait des personnages féminins (le Dan, qui compte six types de rôles, allant de la jeune fille vertueuse à la vieille femme) du répertoire.

« Auparavant, tous les rôles étaient joués par des hommes parce que les femmes n'avaient pas le droit de monter sur une scène, explique-t-il. Or, une fois que tu as été choisi pour un type de rôle, tu le fais pour la vie ! »

L'homme a ainsi dû assimiler l'art de se maquiller, de se « brider les yeux » (en tirant la peau vers les tempes pour en accentuer l'aspect bridé), de se coiffer et costumer en conséquence.

« Cela fait partie du rituel du processus de transformation, renchérit-il. Une fois que je suis maquillé et costumé, je dois voir mon personnage dans le miroir, quand je me regarde ; il ne doit plus rester de traces de William, sinon la magie ne sera pas au rendez-vous ! »

Car l'opéra de Pékin, « c'est comme le sushi : de la préparation à la présentation, chaque étape est importante, fait-il valoir en guise de comparaison. Tout passe par les détails, dans les gestes comme dans les couleurs, par exemple. »

Tout en fredonnant quelques notes en mandarin, l'artiste en fait illico une démonstration éloquente, ses mains et doigts se mettant à bouger avec finesse pour transmettre l'impression de partager tout à coup un secret... 

À son retour au Canada en 1994, William Lau s'est investi de la mission de faire connaître l'opéra de Pékin au public d'ici, de démystifier cette forme d'art en adaptant entre autres certaines références géographiques dans les librettos pour donner un côté contemporain à des histoires aux thèmes autrement universels (jalousie, amours perdus, trahison, etc.). Les extraits qu'il promène depuis au pays sont bilingues (anglais et mandarin). 

Or, pour la représentation prévue samedi à La Nouvelle Scène, les programmes remis aux spectateurs et les présentations du maître de cérémonie seront aussi faites en français, tient-il à préciser. « Il s'agit là d'une question de respect, envers le lieu dont nous utiliserons les installations, et envers le public francophone qui a l'habitude de s'y rendre et que nous espérons. »

Outre quatre extraits du répertoire de l'opéra de Pékin, le spectacle inclura deux numéros de danse chinoise classique, afin de souligner le centenaire de la grande Dai Ailian, de même que la musique de Zhang Di, qui jouera de son Yangqin, soit un instrument à cordes frappées faisant partie de la famille des cithares sur table.

Pour y aller

Quand: Le 19 novembre, 14 h

Où: La Nouvelle Scène

Renseignements: 613-241-2727

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