L'intensité d'Holubowski

Matt Holubowski était sur la scène de la... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Matt Holubowski était sur la scène de la salle Jean-Despréz pour un spectacle tout en émotions.

Etienne Ranger, LeDroit

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CRITIQUE / Matt Holubowski a ouvert une petite fenêtre sur ses jolis mondes folks, jeudi soir, à la salle Jean-Despréz. C'est à guichets fermés qu'il a livré ses états d'âme, ses Solitudes et « ce qui trotte dans sa tête depuis si longtemps » en toute intimité acoustique, un peu comme on se confierait à un ami, affaissé sur le canapé du salon. Mais avec beaucoup d'intensité.

« Vous allez passer travers toutes sortes d'émotions, ce soir, des belles, des moins belles et des tempêtes », a promis le chanteur, à peine monté sur scène - mais après s'être enquis de notre appréciation du tandem Coco Méliès, qu'il avait invité pour réchauffer ses planches.

Le finaliste de La Voix III a alterné entre les séquences planantes, les instants de suspension absolue et les relectures plus musclées de son répertoire, sans oublier de reprendre le Burn de Ray Lamontagne (à qui il doit son succès télévisuel), ni de partager ses souvenirs de sueurs froides, lors de son précédent passage sur cette même scène, à cause de cordes pétées à répétition.

L'auteur-compositeur-interprète a entamé la soirée avec les deux morceaux qui ouvrent son plus récent disque, Solitudes. The Warden & The Hangman a été épurée de tout superflu : ne restait que sa voix, sa guitare acoustique, et le violoncelle de Marianne Houle. A suivi Exhale/Inhale, elle servie en mode full band, méconnaissable dans ses nouveaux habits. La voix perchée réussissait à émerger, mais on perdait un peu l'articulation. 

Il a ensuite joué Solitudes pratiquement in extenso. En modifiant légèrement l'ordre.

À peine s'est-il permis une parenthèse, à mi-spectacle, le temps d'interpréter Old Man et Mango Tree, deux titres tirés de l'album Old Man qu'Holubowski avait d'abord fait paraître un an avant sa participation à La Voix (sous le nom d'Ogen, qu'il a laissé tomber depuis). 

La parenthèse était aussi recouverte de Feuille d'argent et feuille d'or, chanson que lui ont concoctée son coach Pierre Lapointe et son acolyte-mentor, Philippe B. On l'attendait avec une brique et des fanaux, cette chanson noctambule qui nous émeut particulièrement. 

On a retenu notre souffle pour ne pas en perdre une miette. L'exécution n'était pas sans faille, mais la fragilité était belle. 

On a été remué par l'« étreinte sonore » de ce corps-à-corps amoureux entre le violoncelle, la contrebasse (de Marc-André Landry) et la voix nue. 

Pour mieux apprécier La mer/Mon père, une de ses (trop) rares compositions en français, il a invité tout le monde à préparer « une grosse bulle collective ». Les vagues ont pris du volume. Ç'a fini en tempête instrumentale. 

Car si les « bulles d'émotions » s'envolent, la soirée est aussi parcourue d'explosions rock du plus bel effet. Au pays des orages mélodiques, Matt Holubowski et sa bande ont convié l'auditoire à rencontrer The King, d'une magnifique amplitude sur scène. On ne serait pas surpris que cet extrait radio devienne la prochaine chanson de l'année à l'ADISQ... Dans la même intensité, on a eu droit à L'imposteur, Wild Drum et The Year I Was Undone, en fin de soirée. Magistrales.

« C'est cathartique, les grosses tounes », a reconnu le chanteur folk, heureux de pouvoir compter sur Stéphane Bergeron (batterie), guitare) Simon Angell de Thus Owl, Marianne Houle (de Monogrenade) et Marc-André Landry à la basse contrebasse OK

Avant d'attaquer Opprobrium, il a expliqué que « la grosse balloune orange » dont il est question dans le texte, et que le chanteur rêve de voir éclater, a un lien direct avec la présente campagne électorale américaine.

Invités - par leur « ami » Matt - à se produire en première partie, David Méliès et Francesca Como, du duo Coco Méliès, ont quant à eux charmé le public en l'enveloppant des vagues folk tirées (pour l'essentiel) de leur album Lighthouse, dans un joli petit moment de complicité et d'harmonies vocales, couronné par The Cafe et par la délicate Half of the Moon, au refrain de laquelle toute la salle a participé en choeur, sans se faire longtemps prier.

Matt Holubowski et ses complices reviendront à la Salle Jean-Despréz le 20 mai 2017.

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