Pleins feux sur Nadia Ross

Nadia Ross a reçu son prix des mains... (Martin Roy, LeDroit)

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Nadia Ross a reçu son prix des mains du président du jury du prix Siminovitch 2016, Bob White.

Martin Roy, LeDroit

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Surprise ! La nouvelle récipiendaire du prix Siminovitch, la plus grande récompense en théâtre au Canada, s'appelle Nadia Ross. La metteure en scène n'habite pas à Toronto, ni à Montréal ou Vancouver, mais est installée à Wakefield depuis 2005 où elle dirige la compagnie STO Union. Parmi les cinq finalistes en lice cette année, Nadia Ross, 51 ans, représentait la seule artiste (et femme) établie en région. Lors d'une cérémonie qui s'est tenue vendredi, au Centre national des arts, la lauréate anglophone a reçu 100 000 $, dont 25 000 $ à remettre à un artiste de son choix.

« Je ne pouvais pas le croire, tellement j'ai été surprise que le jury récompense un metteur en scène établi en région, partage-t-elle avec joie, dans un français presque parfait. Cette nomination donne de la valeur à mes 30 ans de carrière. »

Créé en 2000, le prix Siminovitch promeut l'excellence et l'innovation en théâtre canadien. Les quatre autres nommés, cette année, étaient Jonathan Christenson (Edmonton), Ravi Jain (Toronto), Christian Lapointe (Montréal) et Ross Manson (Toronto).

Née près d'Aylmer, Nadia Ross a grandi dans une famille exogame auprès d'une mère francophone originaire de Rivière-du-Loup et d'un père écossais. Après des études à l'Université de Toronto, elle rejoint le Berliner Ensemble, le théâtre mythique de Bertolt Brecht et côtoie le dramaturge Heiner Müller, l'un des derniers monstres sacrés du théâtre est-allemand. 

« J'ai pu voir son oeuvre avant la chute du mur, ça m'a marquée profondément, se souvient-elle. Là, j'ai vu la force du théâtre. »

Elle tente ensuite sa chance à Toronto, au début des années 1990 et fonde sa compagnie STO Union, par nécessité. « Il n'y avait pas de théâtre de création quand je suis rentrée au Canada, » partage la metteure en scène. 

Une décennie plus tard, son incursion au Festival TransAmériques, à Montréal, donnera un élan international à sa carrière. 

« Des représentants de festivals en Europe, en Asie et en Australie ont acheté la pièce dès sa présentation au FTA. Pour moi, ç'a tout changé. » 

Au même moment, Toronto s'enferme dans un conservatisme politique peu propice au développement des artistes indépendants, raconte-t-elle. « La communauté était détruite, plusieurs artistes sont partis, seuls les grands théâtres traditionnels restaient. » 

Nadia Ross renoue alors avec son milieu d'origine en choisissant d'établir sa compagnie à Wakefield où résident de nombreux anglophones. « Je voulais être dans une région où je me reconnaisse, dit-elle. Je ne sais pas qui je suis culturellement, québécoise mais aussi anglophone alors je voulais retourner au centre de cette douleur pour créer. »

Son plus grand désir ? « Simplement pouvoir travailler, alors que beaucoup de portes se ferment pour les femmes après 50 ans », regrette-t-elle. 

À son tour, elle donnera un coup de pouce financier à deux artistes qu'elle souhaite encourager - l'Ottavienne Sarah Conn et la Torontoise Shaista Latif, en leur remettant 25 000 $.

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