Le nouveau balai de Cendrillon à Broadway

CRITIQUE / Cendrillon et Broadway ne font pas forcément la paire. En dépit d'un... (Courtoisie)

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Courtoisie

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CRITIQUE / Cendrillon et Broadway ne font pas forcément la paire. En dépit d'un plaisir visuel indéniable, il n'est pas certain que le public trouve chaussure à son pied dans cette version de Cinderella créée à Broadway en 2013 et présentée jusqu'au 30 octobre à la salle Southam. Drôle, parfois, coloré, jusqu'à saturation, mais franchement désuet. Le spectacle fait le pari de fédérer enfants et adultes sans y parvenir adéquatement.

Cette version du conte de Perrault de Rogers (musique) et Hammerstein (livret) a été initialement écrite pour la télévision américaine, dont elle n'a pas gardé le meilleur : rien, dans les tableaux, ne dépasse l'humour de sitcom le plus éculé.

Les exemples ne manquent pas. « J'aurais espéré faire quelque chose de plus important dans ma vie », laisse tomber le prince en achevant un monstre en forêt. Rires. On zappe jusqu'à la scène de bal où l'héritier doit se dégoter une fiancée : « Comment une femme peut-elle tomber aussi vite amoureuse de moi ? » s'ouvre-t-il à son conseiller, lui-même éblouissant de répartie : « c'est une question légitime. »

En résulte une espèce de dessin animé Disney à la sauce Louis XIV, qui ne boude pas sa partition sirupeuse mais tente de faire bonne figure en s'armant d'un deuxième degré bon enfant. À nos risques et périls.

La débauche de décors, de costumes, d'interprètes et de machinerie nous amuse plus qu'elle ne nous émerveille. Difficile de ne pas se gausser devant les personnages caricaturés sans ménagement (mention spéciale à la soeur Charlotte, aussi bête qu'enlaidie), les pantomimes outrées de la belle-mère ou les déferlantes de robes froufroutantes et couronnes de plumes.

Les tableaux de groupe restent les plus spectaculaires, farandoles enjouées où défilent les habitants du village conviés au bal princier. Enfin, ça virevolte dans le tourbillon arc-en-ciel plutôt réussi d'une chorégraphe riche en effets de pieds et jeux de jambes !

Certaines scènes nous réservent même de belles surprises, comme ces changements de robe en un quart de tour, le temps d'un coup de baguette magique. La partition offre aussi de belles envolées lyriques à Marie (Leslie Jackson) qui parvient à se démarquer d'une ligne musicale sinon très consensuelle.

Tout est codifié : le carrosse, la méchante sorcière et la fameuse chaussure de verre (de Venise, précise-t-on) ne manquent pas à l'appel même si le récit prend des libertés avec le conte. Ella oublie de laisser négligemment choir sa chaussure en quittant le bal à minuit... ce qui oblige le prince à organiser un deuxième banquet pour la retrouver (et permet au spectacle de rallonger la sauce royale à 2 h). Il sera ensuite question de gentillesse (c'est bien), de démocratie (c'est mieux) et d'un noeud gordien existentiel : « l'aime-je parce qu'elle est belle ou est-elle belle parce que je l'aime ? »  

Morale de l'histoire : il faut croire en ses rêves et tout devient possible. Nous voilà rassurés.

Pour y aller

Quand ? Jusqu'au 30 octobre, 19 h

Renseignement ? 1-888-991-2787 ; ticketmaster.ca

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