Mariana Mazza: femme, grande gueule et fière de l'être

L'humoriste Mariana Mazza présentait son premier spectacle solo... (Martin Roy, LeDroit)

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L'humoriste Mariana Mazza présentait son premier spectacle solo samedi, à Gatineau.

Martin Roy, LeDroit

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CRITIQUE / Oui, Mariana Mazza sacre. Oui, elle parle ouvertement de son vagin. Or, entre deux éclats de rire franc et deux blagues parfois crues, l'humoriste de 26 ans se permet non seulement de se moquer allègrement de sa voix grave, mais aussi de rappeler aux femmes qu'elles ont le droit de ne pas vouloir faire de fellation - et que cela ne fait pas d'elles des personnes « incomplètes » ou « brisées » pour autant. Bref, Mariana Mazza est femme et fière de l'être, malgré ses règles... et parce que les douches téléphones existent. Et que ça plaise ou non, elle n'a surtout pas l'intention de garder sa langue dans sa poche.

Après une cinquantaine de prestations de rodage de Femme ta gueule, l'artiste présentait son premier spectacle solo devant sa « première vraie grosse salle », samedi soir, à la Maison de la culture de Gatineau. Une salle comble d'un peu plus de 800 personnes de tous les âges (quoique majoritairement dans la vingtaine), qui lui a réservé une chaleureuse ovation au terme de sa prestation de quelque 90 minutes bien serrées, et franchement bien ficelées.

« C'est un spectacle que j'ai écrit en mettant mes tripes sur papier. Je ne peux pas être plus honnête que ça ! » a confié l'artiste.

On la croit aisément, qu'elle aborde ses racines latino-arabes et sa relation avec sa mère (incluant la synchronisation de leurs « iNounes » pendant leur cycle menstruel), ou encore qu'elle parle de son taux de testostérone (pour entre autres expliquer le timbre de sa voix), de son célibat et de masturbation.

« Pourquoi les filles ont honte de dire qu'elles se masturbent et pas les gars ? Mesdames, il faut arrêter d'avoir honte de se faire plaisir ! » a-t-elle clamé haut et fort.

Mariana Mazza en profite aussi pour partager quelques-uns des plus étonnants et troublants messages reçus de la part d'inconnus. La lecture de certains (elle affirme ne pas avoir assez d'imagination pour les inventer) témoigne du sexisme des uns, du racisme des autres... et du sens de la répartie de l'humoriste.

A-t-elle reçu la photo du pénis d'un homme, qu'elle n'hésite pas à donner un conseil gratuit à tous les représentants de la gent masculine : « La seule occasion où un homme peut envoyer une photo de son organe génital, c'est quand une femme le demande. J'en entends se plaindre : 'Ben là, s'il faut attendre qu'on nous le demande, on ne le fera jamais...' Il est là, le point ! » a-t-elle martelé, soulevant une vague d'approbation.

Et à tous ceux qui l'invitent à « retourner dans [s]on pays » en se targuant d'être pour leur part Québécois de souche, elle réplique qu'il n'y a pas nécessairement grand-chose de valorisant à être un « restant de tronc d'arbre qui ne pousse plus ».

Jeune public

Ici, elle aborde l'art de vieillir. Là, la liberté d'expression, en faisant allusion à sa manière à l'affaire Mike Ward et Jérémy Gabriel.

D'ailleurs, c'est avec un garçon de 12 ans prénommé Charles (le plus jeune spectateur sur place samedi) que Mariana Mazza a pris un malin plaisir à échanger dans la dernière portion de la soirée. Si cette dernière prévient que « Femme ta gueule » s'adresse à un public « averti » de 16 ans et plus, une poignée de jeunes adolescents étaient éparpillés aux quatre coins de la salle.

L'humoriste, qui n'a pas édulcoré son propos pour leurs chastes oreilles, a plutôt tenu à saluer Charles, « le p'tit gars le plus 'cool' » (au cours de leur « discussion », il lui a notamment balancé du fond de la salle un : « T'es trop loin, j'vais t'envoyer un texto ! » qui a fait rire tout le monde, y compris la principale intéressée), en plus de remercier Stéphane et Sylvie, « les parents les plus chill », d'avoir amené leur cadet et leur aîné de 16 ans la voir sur scène.

« Vous êtes solides ! » leur a-t-elle lancé, visiblement ravie de leur ouverture d'esprit. 

Mariana Mazza sera de retour à la salle Odyssée le 29 octobre (complet), ainsi que le 24 novembre et le 19 avril 2017.

Pour y aller

Les 24 novembre 2016 et 19 avril 2017, 20 h

Maison de la culture de Gatineau

819-243-2525; salleodyssee.ca

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