Des chiens lou-foques

Les Armoires normandes, présentée au CNA, est une... (Courtoisie)

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Les Armoires normandes, présentée au CNA, est une pièce à ne pas manquer.

Courtoisie

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CRITIQUE / Rendez-vous pris, hier soir, avec les olibrius poilus et poilants de la troupe française Les Chiens de Navarre, présentés au CNA après leur passage fin septembre à Montréal.

À voir le régime d'improvisation dans lequel s'ébrouaient joyeusement les acteurs le soir de la première, le public plus rieur qu'à l'accoutumée, on ne peut que recommander Les Armoires normandes, à l'affiche jusqu'au 8 octobre. Voilà une pièce « qui n'a pas de bon sang ! », comme l'aura si bien résumé une voisine spectatrice éberluée.   

Il serait vain de chercher à raconter cette performance de tous les excès, mais on peut juste dire à brûle pour-point que, dans son inventaire hétéroclite, elle étreint les tribulations de l'amour sous un palmier et une plage de sable, accueille un christ plutôt bien inspiré, une cuvette de w.c. allègrement honorée, une chanson d'amour massacrée, une scène de copulation sans gêne (donc avec plaisir), des conseils pour arroser les ficus, un mariage, un accouchement, plusieurs morts et une séance de spiritisme autour d'un verre de Badoit. N'en jetez plus ! Eh bien si, l'artillerie finit même par dégainer deux kukeris, ces costumes traditionnels bulgares entièrement chevelus. Pour se mettre vraiment à poil, on n'a guère vu mieux. 

Toute la démarche théâtrale pourrait se résumer à ce paradoxe : un style de jeu décontracté et une mise en scène décomplexée qui a toutefois le mérite d'obliger le public à se poser quelques questions de fond sur les relations amoureuses, le rapport à la religion, à la vie, à la mort. En somme, un manifeste rigolo pour des tribulations existentielles en roue (très) libre. 

La mise en scène de Jean-Christophe Meurisse ne cesse de dévoiler ce qui se trame derrière chaque tableau : les bruitages et doublages de voix sont apparents, qui jouent sur la complicité avec le public. Celui-ci est sollicité à plus d'une reprise par la dizaine de comédiens, tous irrésistiblement drôles et plutôt habiles dans l'intégration des références canadiennes dans leurs improvisations. Renversant ! 

Les spectateurs friands de cet humour décapant pourront le retrouver en version long-métrage, samedi. Une avant-première du film Apnée, de Jean-Christophe Meurisse avec les acteurs de la troupe, sera organisée gratuitement, samedi à 14 h, au Musée des beaux-arts de Canada. Sélectionné à la Semaine de la critique, à Cannes, le film ne sortira en France que le 19 octobre. Courez-y.      

Pour y aller

Où ? Centre national des arts

Quand ? Jusqu'au 8 octobre, 19 h 30

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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