Une pièce qui a du chien

Un christ peinturluré de rouge salue les spectateurs avec nonchalance. Il livre... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Un christ peinturluré de rouge salue les spectateurs avec nonchalance. Il livre ses états d'âme et alpague le retardataire. Sa crucifixion lui donne des crampes. Ainsi débute la pièce Les Armoires normandes, dont on ne connaîtra jamais les premières répliques, et pour cause : la troupe Les Chiens de Navarre carbure à l'improvisation et à la douce folie.

Ottawa accueille pour la première fois son esprit loufoque et décalé au CNA du 5 au 8 octobre. Plongée théâtrale avec son metteur en scène, Jean-Christophe Meurisse, retenu à Paris pour y défendre la sortie prochaine de son long métrage, Apnée.

« Je crée des situations et les acteurs deviennent auteurs de leurs propres paroles, explique-t-il. Ils improvisent autant pendant les répétitions qu'en représentations ».

Iconoclastes

Difficile de faire les présentations auprès du spectateur non-averti : ces Chiens de Navarre constituent une bande de tempéraments, libertaires et imprévisibles. Ils sont une dizaine, acteurs du spectacle vivant dans tous ses états. La nudité sur scène ne leur fait pas peur, ni l'humour (dé)culotté. La force de ces artistes iconoclastes ? Ne jamais être là où on les attend.

« On retrouve dans la pièce plusieurs lames de fond, avec un rire souvent allègre et un rire plus émotif face à certaines situations pour lesquelles on ne peut faire autrement que de rire. »

Avec son style anticonformiste, joyeux et éclaté, cette compagnie française fondée en 2004 est réputée pour semer une belle pagaille sur scène tout en questionnant les fondements de la société.  

« Les Armoires normandes, c'est une fresque amoureuse, du début d'une relation entre deux personnes jusqu'à l'immortalité du rapport, présente Jean-Christophe Meurisse. Et ça passe par toutes les étapes : la connaissance, la sexualité, le mariage, les enfants, le divorce et ce qu'il reste de cette histoire après tout ».

Une douzaine de tableaux évoquent les joies, les aléas et la tristesse d'une relation amoureuse. « Avec notre esprit, notre humour, le décalage et la férocité qui fait l'esprit de notre bande! » Une pièce en forme de panorama au chaos assumé, mais secrètement articulé.

Ce qui les réunit ?

« L'idiotie, pouvoir raconter des choses tristes, révoltantes ou injustes, mais avec le rire. C'est l'insoutenable légèreté de l'être de Kundera. »

Tout le contraire du titre, donc, lequel évoque plutôt la reine du mobilier pesant, ces armoires imposantes qui, selon la tradition populaire, servaient de dot lors des mariages d'antan. « Elles recèlent aussi plein de secrets », complète Jean-Christophe Meurisse.

Rire devant l'insensé qui prend corps, devant la myriade de tiroirs ouverts par des artistes prêts à en découdre avec les tabous.

Le metteur en scène, qui a d'abord tenté d'être acteur - « Je ne m'épanouissais pas vraiment, je m'ennuyais et souffrais terriblement » - est resté fidèle à lui-même : ses Chiens sont devenus les nouveaux rois dadaïstes de la scène francophone.

Pour y aller

Où? Centre national des arts

Quand? Du 5 au 8 octobre, 19 h 30

Renseignements: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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