Un Emmerdeur trop convenu

Marcel Leboeuf, Normand D'Amour et Monique Spaziani sont... (Courtoisie)

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Marcel Leboeuf, Normand D'Amour et Monique Spaziani sont les principaux interprètes de la pièce L'Emmerdeur.

Courtoisie

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L'Emmerdeur, écrite par Francis Veber avant son fameux Dîner de cons, est supposée nous faire « découvrir » François Pignon. D'ailleurs, Marcel Leboeuf y reprend du service dans le rôle de l'inénarrable personnage à la « belle tête de vainqueur ». Or, au final, c'est sans l'ombre d'un doute Normand D'Amour qui s'avère la seule vraie (et fort agréable) surprise de cette comédie autrement convenue, dont l'adaptation québécoise est présentée jusqu'au 17 septembre au Théâtre du Casino du Lac-Leamy.

Il faut d'emblée admettre que quiconque a vu Le dîner de cons (qui est pourtant la suite de L'Emmerdeur) s'attendra aux situations équivoques (vite répétitives et, du coup, prévisibles et lassantes à la longue) mises de l'avant ici, parce qu'il connaît déjà la nature de Pignon. Empêcheur de tourner en rond de première classe, il geint sur son sort (sa femme vient de le quitter pour le thérapeute qu'il lui a recommandé de consulter), à rater ses tentatives de suicide (scène qui aurait certes gagné à être plus concise), mais aussi et surtout à se confier au premier venu et à s'incruster dans la vie de celui qui aura ainsi eu le malheur de lui tendre une oreille (même sans le savoir). Ainsi, quand un tueur à gages se faisant appelé Jean (D'Amour) sera contraint de le garder en vie, il ne peut se douter de ce qui l'attend...

Force est de reconnaître que le décor sert néanmoins très bien la pièce. Sur scène se déploient par un habile effet miroir les chambres mitoyennes (et communicantes) dans lesquelles les deux protagonistes vont déposer leurs armes,  l'un en peine d'amour et l'autre, en mission. Entre portes (de garde-robe, notamment) et fenêtres qui s'ouvriront et se fermeront dans des élans vaudevillesques, François et Jean seront dès lors voués à passer l'équivalent de quelques heures ensemble.

Et le public, quelque 90 minutes avec eux.

D'Amour vole la vedette

On le mentionnait d'entrée de jeu : la seule véritable révélation de ce spectacle, c'est l'indéniable potentiel comique de Normand D'Amour. Si on a plus souvent vu le comédien dans des rôles dramatiques, il s'avère ici franchement drôle, surtout dans son jeu très physique et, par moments, décoiffant. 

À ses côtés, Marcel Leboeuf se défend tout de même plus qu'honorablement. Disons qu'il a la tête de l'emploi : sa bouille sympathique, son regard ahuri et ses moues bon enfant rendent son Pignon attachant.

Cela dit, si Patrice Coquereau (en thérapeute colérique) et Pierre-François Legendre (en valet de chambre ayant l'heur de surgir aux mauvais moments) parviennent à donner un peu de corps à leur personnage, la pauvre Monique Spaziani a quant à elle trop peu à se mettre sous la dent pour démontrer son talent. Les répliques de Louise, la femme de Pignon, s'avèrent si insipides qu'elles rendent sa présence presque insignifiante. Idem pour Danny Gagné, relégué à un banal rôle de figurant dans la peau d'un policier qui, une fois assommé (par un store ? Vraiment ?), passe finalement plus de temps dans le garde-robe de la chambre du tueur à gages qu'autre chose.

Et le texte, dans tout ça ? La pièce du Français Francis Veber a été adaptée pour le Québec, permettant des références à la banlieue de Longueuil, par exemple. Mais c'est quand Pignon (incarné par Leboeuf, rappelons-le) promet des « colliers de noisetier » à sa Louise que la relecture fait vraiment éclater de rire les spectateurs. 

Par ailleurs, il y a bien quelques clins d'oeil au Dîner de cons à venir, dans cet Emmerdeur. Ici, un coup de fil pour faire croire au suicide de Pignon. Là, un « Ah ! le con ! » (quoique moins senti qu'on aurait pu le souhaiter, doit-on avouer).

Les rires les plus francs ont donc été déclenchés non pas par le texte, mais par certaines situations, notamment lorsque Pignon se retrouve en caleçon et camisole dans une scène au cours de laquelle les comédiens eux-mêmes eu bien du mal à garder leur sérieux... 

Bref, L'Emmerdeur relève du divertissement honnête, sans plus.

Pour y aller

Théâtre du Casino du lac Leamy

Les 10, 15, 16 et 17 septembre, 20 h

1-877-977-7970 ; ticketmaster.ca

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