Le moment parfait de Jean-Michel Anctil

Jean-Michel Anctil excelle dans l'art de provoquer des rires... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Jean-Michel Anctil excelle dans l'art de provoquer des rires nourris suivis de silences complets, signe qu'il atteint plus d'une fois sa cible.

Etienne Ranger, LeDroit

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CRITIQUE / Jean-Michel Anctil dit avoir trimé dur pour offrir ce quatrième spectacle solo. Intitulé simplement Je4n-Michel, ce nouveau tour de piste offre des retrouvailles sans prétention entre le public et un humoriste qui ne tient rien pour acquis.

Précédé d'une sympathique présentation par l'une de ses filles, qui nous apprend que son papa a déjà été un employé modèle à la moustache molle de chez McDonald, Jean-Michel Anctil est débarqué en pleine forme, hier soir, à la salle Odyssée.

Tradition oblige, il est venu briser son nouveau matériel en Outaouais, comme il l'a fait avec ses trois premiers spectacles. Jean-Michel Anctil a lancé sa soirée en s'intéressant à la notion du moment parfait.

Voir un voisin désagréable débouler un escalier, humer l'odeur du bacon - ou comme il l'appelle, «le pot-pourri pour garçon» -, bref, il invite les spectateurs à apprécier ces moments où l'on ne voudrait pas être ailleurs.

Il s'intéresse aussi avec beaucoup de justesse à l'importance que l'on accorde au regard des autres. Le sujet donne lieu à une petite montée lait jouissive sur les coussins décoratifs qui ne peuvent en aucun cas se retrouver sur le sol sous peine de recevoir une peine capitale.

Anctil a décidé qu'il était temps de mettre à la retraite son vieux mantra «ça va être correct». Une phrase de quatre mots qui lui a apporté son lot de problèmes. Il a cru longtemps être un coq, disons que la chute a été grande le jour où il a découvert qu'il était plutôt un pigeon.

Son récit de sa première relation sexuelle est tout simplement tordant. Comme quoi on n'avait pas encore tout dit sur ce grand classique.

Il excelle dans l'art de provoquer des rires nourris suivis de silences complets, signe qu'il atteint plus d'une fois sa cible.

Puis, l'humoriste plonge dans deux sujets fort personnels: son poids et son âge. À l'aube de la cinquantaine, il n'en peut plus de se faire appeler «le gros». Depuis des années, il s'impose un régime sportif et alimentaire. Mais il n'arrive pas toujours à perdre son visage rond.

La table était mise pour jaser de rides, de chirurgie esthétique, d'acceptation de soi, mais aussi d'ados accrocs à leur téléphone intelligent. C'est une autre des forces de ce spectacle, entre les rires et la réflexion, il réussit à déposer ici et là de petites émotions, surtout lorsque le gag concerne sa famille.

Jean-Michel roulait depuis une bonne une heure et demie lorsqu'il a laissé apparaître sur scène sa populaire Priscilla. Même sans costume et flafla, elle est toujours aussi drôle.

Et il avait gardé Râteau pour la toute fin. Sans son imper trop grand, avec seulement son casque, Anctil a offert une version survoltée de son personnage qui n'a pas pris une ride. Râteau est bien de son temps, il attrape même des Pokémon.

Une belle dose de folie qui fait beaucoup de bien.

Pour y aller

Quand? Jusqu'au 20 août et du 25 au 27 août, à 20h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525 ou salleodyssee.ca

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