Olivier Martineau, le méchant gentleman

«J'haïs tout le monde égal», écrit l'humoriste Olivier... (Etienne Ranger, LeDroit)

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«J'haïs tout le monde égal», écrit l'humoriste Olivier Martineau sur son profil Twitter.

Etienne Ranger, LeDroit

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Il y a huit ans, Olivier Martineau se lance en humour comme d'autres en religion: avec une dévotion de fer. Il loue lui-même sa première salle, vend ses billets au porte-à-porte et finit par écouler 300 places en séduisant son premier public.

Cet enseignant en art dramatique connaît alors une sorte de révélation: les spectateurs rient, il est prêt à affronter le chemin de croix des artistes confrontés à la galère, aux petits boulots alimentaires, aux bars quasi vides, au mépris des producteurs, des télévisions et radios.

Olivier Martineau n'a alors que 26 ans et turbine pour se faire une place dans le monde enchanteur et saturé des humoristes. Jusqu'à ce que la bonne fée cathodique se penche sur son berceau. En 2010, il décroche la première place au concours de l'émission En route vers mon premier gala. «Là, j'ai eu la piqûre», précise l'intéressé aujourd'hui en pleine forme.

Son premier spectacle solo se porte à merveille: après avoir franchi le cap des 25 000 billets vendus, en mars 2016, le comédien multiplie les représentations supplémentaires. Il sera de passage au Théâtre du Casino les 5, 6, 12 et 13 août dans un spectacle de 90 minutes mis en scène par Joseph Saint-Gelais, son ancien juge au concours «En route vers mon premier gala». 

Ça tombe bien, ce dernier est rompu aux tempéraments de feu; il a notamment travaillé auprès du frénétique Louis-José Houde. Autre pile électrique à l'énergie inépuisable, Olivier Martineau apprend à canaliser son débit verbomoteur sur scène. Il désigne ses cibles: les enfants, sa grand-mère, sa coiffeuse, son ex, le premier rang de spectateurs...

En voyant son air de jeune premier propre sur lui, costume-cravate à toute épreuve, ses sourires aimables et son regard innocent, on se doutait bien qu'Olivier Matineau devait cacher quelque secret inavouable. 

«J'haïs tout le monde égal», écrit-il sur son profil Twitter. L'humoriste a choisi son créneau: méchant, mais bon enfant. «Rassembleur», précise-t-il, préférant chercher la foule à la houle. 

L'éternelle question «peut-on rire de tout?», inconfortable, lui fait jouer les équilibristes. Quand on lui demande son opinion sur l'affaire Mike Ward (également produit par l'agence ComediHa!), l'humoriste joue l'esquive. «Cette cause-là a été entendue et jugée, dit-il. Moi, je préfère ne pas individualiser les cibles dans mes spectacles.»

Avec une verve et une écriture qui tirent à tout-va, il revendique un style éclaté, gentiment provocateur, parfois agitateur d'idées, tout en prenant bien soin de ne jamais franchir la frontière qui sépare l'humour de l'agression. 

Ses textes sont soigneusement brodés de noir. 

«Je reste toujours à la limite du gentleman», promet-il. 

Un théâtre de la cruauté attentionnée qui évite les sujets religieux ou politiques mais instille un sens du rythme si cher au stand-up américain. Ses blagues se déplacent sans cesse le long d'une ligne mouvante. Comme pour poser, à leur manière, le problème des limites.

Pour y aller

Quand? Les 5, 6, 12 et 13 août

Où? Théâtre du Casino

Renseignements: 1-877-977-7970

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