White trash et adoption

Caroline Yergeau a écrit (et interprète) Jayson tandis... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Caroline Yergeau a écrit (et interprète) Jayson tandis que Louis-Philippe Roy campe Jessika. L'ambiguïté sexuelle contribue à semer un peu plus le trouble dans l'esprit du spectateur.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Un laboratoire de théâtre, devenu projet d'écriture, puis duo présenté devant 16 spectateurs... et remonté cet été dans une salle de 65 places au studio de La Nouvelle Scène.

Petit à petit, le bouche-à-oreille a opéré et Fucking Carl, de son petit nom irrévérencieux, a vu affluer les curieux. Dès la troisième représentation au Fringe, en 2014, « il a fallu refuser du monde », se souvient Caroline Yergeau, coauteure et interprète de la pièce. Bingo ! le spectacle présenté en sourdine dans le « off » rafle le prix Outstanding Production du festival. Il décrochera quelques mois plus tard le Prix Rideau de la Nouvelle création de l'année. Session de rattrapage imminente...

Une première estivale à La nouvelle scène

Fucking Carl reprend l'affiche à La Nouvelle Scène du 14 au 30 juillet sous la bannière du Trillium. Un retour est même prévu en février au sein de la programmation régulière de la compagnie actuellement à la recherche d'un nouveau directeur artistique.

Mais qui se cache derrière F*** Carl, au juste, dont le titre - à l'image des personnages - n'a pas la langue dans sa poche ?

Posés côte à côte sur le sofa du décor, Louis-Philippe Roy et Caroline Yergeau ressemblent à un couple de vieux amis dont le dialogue semble couler de source à la virgule près. L'un commence une blague, l'autre la finit. Le premier partage une anecdote, la seconde enchaîne sur le même ton gouailleur. Harmonie et longue habitude d'une paire de complices à la scène, rencontrés pour la première fois à l'université.

« Aucun de nous n'avait jamais écrit, partage Caroline, on voulait savoir si nous en étions capables. » 

Ils tentent l'aventure sous le mentorat du professeur Kevin Orr, appelé à devenir leur metteur en scène. 

Le duo imagine alors les dialogues white trash  d'un couple animé par un désir d'adoption. Lui est un adepte des « crisse », elle préfère « câlice » et « ciboire ». « Ils ne représentent pas du tout le profil typique des parents pour ce genre de démarches, et pourtant... » poursuit la comédienne. 

Émancipation et cartes brouillées

Le spectateur prend part à un « voyage de l'inacceptable vers l'acceptable » alors que le sacre, si radical dans l'audace et la liberté de son écriture, permet aux deux auteurs une émancipation d'écriture toute désignée. 

La faute d'orthographe et le juron constituent la langue maternelle de Jayson et Jessika, le couple Bougon de la pièce. De prime abord, on ne leur confierait pas la direction d'une colonie des vacances. 

Le tandem d'auteurs traite du thème de l'adoption en cherchant à déstabiliser, à brouiller les pistes, notamment celles désignant le genre des personnages. Caroline Yergeau a écrit (et interprète) Jayson tandis que Louis-Philippe Roy campe Jessika. L'ambiguïté sexuelle contribue à semer un peu plus le trouble dans l'esprit du spectateur.

« C'est un sujet d'actualité, nous avons devancé le coming-out de Coeur de Pirate », plaisante le comédien. 

Revirement de situation : l'exclusion sociale associée à la culture white trash est renversée par ces deux protagonistes bien décidés à accueillir un enfant dans leur tribu. Y parviendront-ils ? Réponse à découvrir sur scène...

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