Silence... on joue encore!

Dans cette scène reprise 10 ans plus tard,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Dans cette scène reprise 10 ans plus tard, seule Chantal Richer (à gauche, sur la photo du bas) ne faisait pas partie de la distribution originale lors de la première mouture de Silence en coulisses! présentée au Théâtre de l'Île.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Ce fut l'un des spectacles les plus applaudis de la saison 2006. À tel point qu'il retourna à l'affiche l'année suivante, faisant une nouvelle fois salles combles. Dix ans après l'avoir mise en scène, Sylvie Dufour remonte Silence en coulisses!, une comédie de Michael Frayn présentée par le Théâtre de l'Île du 7 juillet au 20 août.

Attention, changement de lieu: les travaux actuels d'agrandissement et de rénovation déplacent les représentations à la salle Jean-Despréz. Cette reprise offre une belle occasion de rafraîchir la mémoire (et les zygomatiques) des spectateurs qui l'auraient vu il y a une décennie, et l'occasion pour ceux qui l'ont manquée de se rattraper. Retour sur ce spectacle marquant du paysage culturel de la région où le théâtre joue rarement les prolongations. 

Une pièce fétiche pour Sylvie Dufour

La directrice du Théâtre de l'Île aurait pu choisir tout bonnement de suspendre sa programmation estivale pendant la réfection de la salle. «Mais ce choix aurait pénalisé les artistes de la région, certains comptent sur nos sessions d'été», dit-elle. 

La metteure en scène comptait bien tirer avantage de la délocalisation des représentations à la salle Jean-Despréz pour proposer une nouvelle version de l'une de ses plus belles réussites théâtrales.

«Ce lieu nous offre une hauteur de plafond et un espace plus grand qu'au Théâtre de l'Île, se réjouit-elle. Là-bas, je n'aurais jamais pu remonter un tel spectacle.»

Elle rappelle que la production relève de la «grosse machine»: un décor campé sur deux étages avec plateau tournant, décoration et accessoires foisonnants... et surtout encombrants! 

L'idée de reprendre Silence en coulisses! en théâtre d'été séduisait la programmatrice, encouragée par le succès de la première version. «J'étais alors directrice du Théâtre du Trillium, mais nous ne proposions pas de spectacles d'été.»

La délocalisation temporaire de son affiche dans une salle plus grande (250 places au lieu des 120 habituelles) relance le projet mais se double aussi d'un défi de taille: remplir une jauge deux fois plus grande sans savoir si les fidèles spectateurs habitués au charme bucolique des jardins de l'ancien château d'eau suivront à la salle Jean-Despréz, plus conventionnelle.

«La deuxième condition était que je retrouve la même distribution qu'il y a 10 ans. Tous m'ont confirmé leur présence en 24h, à l'exception de deux acteurs.»

L'une s'était retirée des planches, l'autre avait déjà pris des engagements artistiques à Toronto.

La metteure en scène mesure alors le chemin parcouru en 10 ans, la confiance qu'elle a su instaurer au sein d'une famille de comédiens que l'on voit régulièrement à l'affiche de son théâtre. 

«Leur réponse positive était une belle forme de reconnaissance», raconte-t-elle avec gratitude.

L'occasion de retrouver la tribu qu'elle s'est forgée, ressaisir les fils conducteurs, résonances, et leitmotivs qui font l'esprit du Théâtre de l'Île. Ça tombe bien: ce vaudeville concentre tous les ingrédients des comédies préférées des programmations de Sylvie Dufour.

Portes qui claquent, quiproquos, exagération des traits et des sentiments...

«Tout est réglé au quart de tour, explique-t-elle, la mise en scène nécessite une concentration aiguë des comédiens.» 

«Le trac m'a saisie dès le début», partage Chantal Richer, nouvelle recrue de la distribution 2016. 

Cette dernière parle en connaissance de cause: la comédienne a assisté au spectacle il y a 10 ans et s'en souvient encore comme si c'était hier.

«C'était du jamais-vu! Les acteurs se donnaient à fond, le jeu était très physique, les actions s'enchaînaient à un tel rythme que les spectateurs en étaient essoufflés. Je suis moi-même retournée voir le spectacle à deux reprises!»

La pièce de Michael Frayn se divise en trois actes: les comédiens incarnent des acteurs censés répéter et jouer une comédie. Les spectateurs doivent avoir l'impression de les surprendre en pleine action, irrésistibles innocents qui, ne se sachant pas regardés, agissent avec décontraction au plus drôle de leurs ridicules.

«Il ne s'agit pas de refaire la même chose qu'il y a 10 ans, nuance Richard Bénard, mais d'aller encore plus loin. Notre expérience et notre complicité, plus fortes aujourd'hui, nous le permettent.»

Et quand la machine à rire sera de nouveau bien huilée, la distribution pourra toujours compter sur les fulgurances du comédien Gilles Provost, 77 ans, pour réinventer la pièce selon ses trous de mémoire vrais ou (dis)simulés...

Pour y aller

Quand? Du 7 juillet au 20 août

Où? Salle Jean-Despréz

Renseignements? gatineau.ca/vivezlexperience ; 819 243-8000

Travaux au Théâtre de l'Île: échéanciers respectés

Les travaux vont bon train, au Théâtre de l'Île. Sa directrice évoque les progrès du chantier qu'elle suit de près. «Nous en sommes à l'étape la plus dramatique du projet: la régie, le foyer et les salles de bain ont été démolis, les pavés vont être refaits pour permettre un accès universel.» 

Les échéanciers sont respectés, rassure-t-elle.

La réouverture officielle du théâtre est prévue le 9 novembre 2016, à temps pour la première représentation du Gars de Québec, de Michel Tremblay.

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