Une lune pleine d'humanité

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Pas de chapiteau pour le grand leonopteryx: la créature volante - celle que les autochtones de Pandora ont rebaptisée toruk dans le film Avatar - risquerait d'en arracher la toile en déployant ses ailes. C'est donc en aréna que voyage la 37e production du Cirque du Soleil. Toruk - le premier envol fera son nid au Centre Canadian Tire du 29 juin au 3 juillet.

Ses coauteurs, co-metteurs en scène et co-réalisateurs multimédia, les Québécois Victor Pilon et Michel Lemieux - tandem à qui le Cirque avait confié Delirium, Soleil de Minuit ainsi qu'un tableau de Michael Jackson ONE - ont tenu à dompter l'aspect circassien pour explorer davantage la nature dramatique et théâtrale de leur spectacle, ici articulée autour d'un véritable récit. « On raconte l'histoire du tout premier Na'vi qui a réussi à monter ce grand oiseau. Ou plutôt cette créature. Ils nous ont bien dit que ce n'était pas un oiseau », se corrige Victor Pilon en riant, « ils » faisant référence à James Cameron et son producteur Jon Landau, qui les ont guidés en cours de route.

« C'est la première fois qu'[un spectacle du Cirque] raconte vraiment une histoire, avec des textes. On a travaillé avec le dramaturge Olivier Kemeid, un de nos collaborateurs de longue date », poursuit le créateur originaire de Masham.

D'habitude, «le Cirque va travailler à partir des meilleurs numéros préparés à travers la planète. [...] Nous, on est allés ailleurs. On a pris des artistes multidisciplinaires pour incarner les personnages. Et pour la première fois, les performeurs ont des micros. » 

Toute la troupe s'exprime en langue Na'vi, mais un narrateur-conteur décrypte l'essentiel de l'action. Une précision s'impose d'ailleurs: une seule représentation en français est prévue à Ottawa: le 1er juillet, à 16 h.

« Ce n'est peut-être pas la plus grande performance circassienne », mais la polyvalence des comédiens est «extraordinaire» et le spectacle, « plein d'humanité », soutient-il. 

Le danger de ce type de mégaproductions  - et le Cirque n'est pas exempt d'erreurs en la matière - c'est de passer à côté de l'émotion, de perdre la poésie dans la course à l'éblouissement. Pas de danger que cela se produise sur Pandora, assure Victor Pilon, convaincu de «l'équilibre » entre le récit, la musique, et la dimension humaine. 

marionnettes complexes

« Il y a des 'wow!' acrobatiques et visuels, mais la dimension théâtrale du spectacle [apporte] plein d'émotion. C'est très humain. On s'attache aux personnages, on comprend leur quête et on est touché. [...] Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils avaient été transportés par le contenu, le message et l'histoire racontée. Il y a une quête et une histoire d'amour qui, moi, m'émeuvent. »

Leur récit se déroule 3000 ans avant l'arrivée des humains. « On ne voit que des Na'vis dans notre version ». La prémisse avait l'avantage d'esquiver les comparaisons entre la taille des humains et celle des Na'vis, censés mesurer environ trois mètres. « On adhère [facilement] à la proposition. Même chose avec les animaux, qui sont des marionnettes. Au début, on est surpris mais on est séduit, je pense, rapidement et on embarque. »

L'intégration des multiples marionnettes qui donnent vie et mouvement aux nombreuses créatures de Pandora est une autre importante nouveauté, pour le Cirque. 

« Complexes et élaborées », mais plus artisanales, ces marionnettes (créées par Patrick Martel) ont été préférées aux créatures animatroniques et à une approche robotique qui n'aurait guère eu de sens, puisque « sur Pandora, il n'y a pas de technologie ». 

Un des défis permanents du tandem fut justement de faire en sorte que toute la technologie utilisée demeure imperceptible. 

La surface de projection totale s'étend sur 1854 m2, soit la superficie de plus de cinq écrans Imax. Les projections multimédias s'intègrent aux reliefs du décor: « On a 40 projecteurs 20K: aucun spectacle sur la planète n'a ça. Et on projette sur toute la glace et même dans le public. Il y a quelque chose d'immersif dans ce show: on n'est pas 'devant' un film: on est 'dans' un film », grâce à l'envergure de l'architecture visuelle.

Pour y aller

Quand : Les 29 et 30 juin, 19 h 30 ;  les 1er et 2 juillet à 16 h et 20 h;  

le 3 juillet à  13 h 30 et 17 h 30.

Représentation en français: le 1er juillet à 16h.

Où : Centre Canadian Tire

Renseignements : 

www.CapitalTickets.ca

Immersif et interactif

Les co-metteurs en scène de Toruk - Le... (Archives, La Presse) - image 4.0

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Les co-metteurs en scène de Toruk - Le premier envol, du Cirque du Soleil, Michel Lemieux (au centre) et Victor Pilon (à l'arrière-plan) ont replongé dans l'univers d'Avatar.

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Une application pour appareils mobiles a été créée afin de renforcer l'aspect immersif de Toruk. «Au début, à l'entracte et à la fin du spectacle, il y a des interventions [auxquelles] le public peut participer. » Une fois téléchargée, «le téléphone va vibrer, t'envoyer des images et te donner des indices pendant le spectacle. C'est très amusant, surtout pour les jeunes qui sont superbranchés. »

Des voix d'ici

Le co-auteur de Toruk, Victor Pilon, est originaire de Masham. Mais ce n'est pas la seule voix de la région qui résonne dans le spectacle. Le chanteur lyrique d'Ottawa Daniel Taylor a posé la sienne sur la trame sonore de Toruk, signée Bob & Bill - tandem derrière se cachent les compositeurs Guy Dubuc et Marc Lessard. On entend le contre-ténor dans le tableau où l'on découvre le sanctuaire / ossuaire des Anurais, l'un des cinq clans Na'vis mis en scène dans Toruk. En outre, un des cofondateurs de Normal, la compagnie montréalaise qui a assuré la production des images de ce spectacle multimédias, Mathieu St-Arnaud, est originaire de l'Outaouais.

Loin du confort du chapiteau

Le «grand défi» de Toruk, c'est se le déplacer. D'investir «des arénas qui changent d'une ville à l'autre. C'est pas comme sous un chapiteau: on n'a pas complètement le contrôle de l'espace». Les variations surviennent «au niveau de la lumière, de la sécurité, des projections. Pour l'équipe technique c'est vraiment complexe. Ils n'ont souvent que 48h pour installer tout cet équipement [qui rivalise avec] les grands spectacles rock», dit-il en rappelant que la précision est non seulement primordiale, elle est vitale: «Au cirque, on ne peut pas se permettre la moindre erreur, c'est la vie des gens qui est en jeu».

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