L'autre hiver, d'ombre et de lumière

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La scène se déroule une nuit, sur le pont d'un bateau pris dans la glace. Deux passagers font connaissance, un professeur de langue et un commerçant d'armes à feu. Dans l'immensité de l'obscurité, les deux rejouent une relation où s'entremêlent les forces empoisonnées du désir et de la passion.

Courtoisie

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La passion houleuse entre Verlaine et Rimbaud inspire Denis Marleau et Stéphanie Germain dans L'autre hiver, opéra fantasmagorique présenté les 25, 27 et 28 mai au CNA.

Les cofondateurs de la compagnie UBU, à Montréal, mettent au service de cette nouvelle création leur expérience de l'installation vidéo et du métissage des disciplines artistiques. Une traversée poétique et opératique des jeux de pouvoir entre deux enfants terribles de la littérature.    

Au commencement, c'était une commande de Daniel Cordova, directeur du théâtre Le Manège à Mons, impliqué dans l'organisation de Mons 2015, capitale européenne de la culture

«Daniel m'a invité à créer un théâtre musical pour cet événement, raconte le metteur en scène Denis Marleau. Le thème imposé devait être la figure de Verlaine qui a passé un certain temps dans la prison de Mons à la suite d'une altercation avec Rimbaud blessé par un coup de pistolet.»

Rappelons les faits: le «drame de Bruxelles» fit condamner Verlaine à deux ans de prison après qu'il y eut tiré deux coups de revolver sur son compagnon lors d'une scène de ménage. «Tiens! Je t'apprendrai à vouloir partir!» aurait dit le poète à son compagnon, selon le rapport de police datant de 1873. De sa cellule, Verlaine se défendra en «poèmes diaboliques» habités de «beaux démons» et de «Satans adolescents». Cruel amour...  

Comme un air d'opéra 

Ce spectacle présenté en première à Mons l'an dernier unit l'inspiration de deux autres créateurs, le compositeur polyvalent Dominique Pauwels et Normand Chaurette, premier auteur québécois à être produit à la Comédie Française.

«On ne voulait pas tomber dans le théâtre documentaire, Normand a proposé le rêve de Verlaine.»

Denis Marleau
metteur en scène

La scène se déroule une nuit, sur le pont d'un bateau pris dans la glace. Deux passagers font connaissance, un professeur de langue et un commerçant d'armes à feu. Dans l'immensité de l'obscurité, les deux rejouent une relation où s'entremêlent les forces empoisonnées du désir et de la passion. 

«On assiste à un voyage initiatique et onirique à la fois, imaginé à partir de nombreux éléments biographiques», explique M. Marleau. 

La puissance évocatrice de l'opéra est tout indiquée pour porter à la scène les affres d'une passion au parfum de scandale. 

«L'opéra est un art qui conjugue tout, l'image, le son, la lumière, le décor, la voix chantée, le jeu théâtral, c'est une forme totale...» souligne le metteur en scène, déjà rompu à l'exercice. 

Des personnages animés par projections vidéo sur masque, une chorale d'enfants, un orchestre et un choeur féminin accompagnent sur le bateau les deux poètes interprétés par des chanteuses. «L'indétermination sexuelle, l'ambiguïté, font partie du spectacle», analyse-t-il.  

Denis Marleau et Stéphanie Jasmin construiront la mise en scène autour de la musique mouvementée de Dominique Pauwels, «une musique très accessible, avec des airs qui reviennent comme des vers d'oreille» pour créer une fantasmagorie, un lieu d'apparition où perce tout le mystère et l'ambiguïté du double et de ses masques. «Je est un autre» disait le jeune Rimbaud.

Pour y aller

Quand? Les 25, 27 et 28 mai, 19h30

Où? Centre national des arts

Renseignements: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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