Pour une autre image du théâtre

Fadima Gnankambary, la metteure en scène Anne-Marie Guilmaine... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Fadima Gnankambary, la metteure en scène Anne-Marie Guilmaine et Eloi Halloran plongent dans les rouages de l'adolescence.

Etienne Ranger, LeDroit

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Ils étaient une quarantaine à soumettre leur candidature à ce projet théâtral au nom bizarre, Ce qui nous relie.

Ils ne savaient pas clairement de quoi il s'agissait, n'étaient pas certains d'être conviés à une audition, avaient vu une petite annonce, avaient été poussés par un professeur ou un parent. 

Ils devaient avoir entre 14 et 20 ans, être disponibles en soirée et les fins de semaines pour répéter au CNA. Seuls cinq participants ont été retenus. Les voici, ces 6 et 7 mai, sur la scène déménagée dans la salle de répétition A. 

Ils interpréteront Antigone, repensée à partir des versions classiques de Sophocle, Anouilh et Bauchau. La joie et le plaisir de jouer sont palpables, aussi indéniablement que cette création collective entièrement improvisée, engagée par la metteure en scène Anne-Marie Guilmaine, plonge dans les rouages de l'adolescence.  

Que s'est-il passé depuis cinq mois, début du processus de création? Une révélation. Ce n'est pas nous qui le disons, c'est Fadima, l'une des actrices originaire du Burkina Faso, récemment arrivée à Ottawa: «Je veux continuer à faire du théâtre.» Avant de demander, un peu plus tard «si c'est possible de se réinscrire l'année prochaine». 

L'initiative programmée depuis deux ans par Mélanie Dumont, du Théâtre Français, ne sera pourtant pas reconduite à la saison 2016/2017. 

«Il s'agit d'une pause, explique la directrice associée. Le projet renaîtra sous une autre forme». En acceptant le poste de direction du volet enfance/jeunesse, elle tenait à «créer un temps où les adolescents soient conviés au théâtre pour être acteurs». 

Sur scène et en répétitions, ce qui importe, c'est la cohésion du groupe. Pas de premier rôle, pas de personnalité dominante, mais-un ensemble où chacun existe fortement avec les autres. «Il n'y a pas de personnage attitré, précise Anne-Marie Guilmaine. Nous voulions surtout faire dialoguer les jeunes autour des notions de rébellion». 

L'atelier théâtral devient alors une agora où chacun partage son point de vue. «Comment dire non à son père?», «Qu'est ce qui fait naître l'indignation, en paroles comme en actes?» sont autant d'interrogations soulevées, toutes matières à improvisations. 

«Je n'avais aucune idée de qui était Antigone», reconnaît Eloi Halloran, 17 ans. En 2015, il assiste à la représentation précédente de Ce qui nous relie et envoie sa candidature au Théâtre Français dès le lendemain, séduit par l'implication des jeunes dans le spectacle. 

Douze versions de la pièce auront été étrennées en cinq mois avant la mouture finale, à découvrir dès vendredi.

De plain-pieds

Cette fin de semaine, un second projet adolescent se greffe aux représentations de Ce qui nous relie, expérimentant une nouvelle écriture de plateau.

La particularité de la démarche est qu'à aucun moment elle ne se fige: «Le public n'est pas assis passivement à regarder le spectacle, prévient Mélanie Dumont. Les neuf participants du projet ont imaginé des actions et des interactions.»

«Expérience performative», plutôt que «spectacle», «actant» plutôt qu'«acteur», la nuance sémantique a son importance. Au menu: un voyage astral, un karaoké rebelle, un jeu «sur la sellette» et autres réjouissances pour spectateurs prêts à se mouiller!

Pour y aller

Quand? Les 6 et 7 mai

Où? Studio et salle de répétition A du CNA

Renseignements: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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