Mollyville, pièce de premières

Le directeur artistique du Théâtre Tremplin, Benoit Roy,... (Martin Roy, LeDroit)

Agrandir

Le directeur artistique du Théâtre Tremplin, Benoit Roy, entouré des comédiens de Mollyville

Martin Roy, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Présentée à La Nouvelle Scène à partir de mercredi, la pièce Mollyville laissera sa marque dans l'histoire du Théâtre Tremplin.

D'abord parce que le Tremplin, créé en 1997, s'attaque pour la première fois de son histoire à une création. Deuxio, parce que la pièce constitue une entorse à son mandat. 

La chose est gravée dans l'ADN même de cette petite compagnie communautaire affiliée au Théâtre la Catapulte: le terrain de jeu du Tremplin, c'est le répertoire franco-ontarien. Or, ce répertoire a été temporairement (et exceptionnellement) mis de côté, le temps de faire résonner les mots des 17 auteur(e)s d'Ottawa-Gatineau réunis sous le nom de Poids Plume.

En effet, le directeur artistique du Tremplin, Benoit Roy voulait profiter de son ultime mise en scène pour «s'amuser un peu». Il a donc donné carte blanche à ce jeune collectif dont les membres gravitent dans le milieu théâtral des deux bords de la rivière des Outaouais. En ses rangs, de nombreux amis de Benoit Roy, dont de proches collaborateurs du Tremplin - tels Antoine Côté Legault, Marie-Ève Fortier, Josianne Lavoie, Lisa L'Heureux, Marie-Pierre Proulx ou Louis-Philippe Roy ou Gabriel Robichaud. 

Voilà pour le décor. Mais qu'en est-il du synopsis de Mollyville, dont rien ne transparaît à la lecture de son énigmatique sous-titre: Qui a peur du King Diamond à neuf doigts?

Les auteurs de Poids Plume «auraient pu me revenir avec un autre texte poétique flyé, comme ce qu'ils ont fait auparavant. Mais ils ont préféré travailler sur une véritable histoire, avec un personnage absent du récit», explique le metteur en scène, pour qui il est «difficile de résumer l'intrigue» de cette pièce où «les choses s'imbriquent les unes dans les autres», et ne sont révélées qu'au compte-gouttes. 

«La première image qu'ils m'ont donnée, c'est un camion qui percute une vache, et une tête est expulsée du véhicule.» La vache - Molly - donne son nom à une petite bourgade emmitouflée dans l'aura d'un personnage mystérieux, Daniel Lamothe. Cette figure légendaire est surnommée King Diamond depuis que le maire du village, d'un grand coup de poing, lui a étampé la marque de sa bague au milieu du front, au cours d'une mémorable bagarre. Si elle fut le point d'orgue de la rivalité entre ces deux hommes dont le coeur s'était enflammé pour la même femme, Gigi, serveuse au village, la bataille a laissé certaines choses en suspens...

Cette pièce polyphonique distille «de petites blaguettes et des jeux de mots, mais les auteurs ont su chercher assez d'humour et de drame pour qu'on ne puisse associer la pièce ni à un genre, ni à l'autre. C'est un monde loufoque, mais très "vrai" au plan de l'émotion des personnages; les villageois ne sont pas caricaturés», énonce M. Roy.

Ces «citoyens qui vivent un drame, car ils sont tous plus ou moins victimes de King D», sont campés par les comédiens amateurs Caroline Boivin, Ginette Fournier, Robert Lalande, Sophie Régimbald et Chantal Tokarsky. La distribution est complétée par «trois personnages extérieurs qui apportent le côté comique», à savoir deux sarcastiques corbeaux, Corb et Corn (Jean-Philippe Morency et Marc-André Tessier, respectivement), ainsi qu'une bobblehead hawaïenne, dodelinée par Tania St-Jean. 

Et pendant que les humains reconstituent l'histoire de Daniel Lamothe à travers leurs dialogues, les deux créatures ailées se mettent en quête de son 10e doigt, qui traînerait quelque part dans le village, esquisse le metteur en scène en souriant.

La moitié des comédiens sont des habitués du théâtre communautaire. Certains, comme Ginette Fournier et Robert Lalande, font même figure de vétérans, au Tremplin. «J'aime travailler avec cette gang. J'adore leur énergie positive», lance Benoit Roy.

Après six ans de loyaux services, dont il ressort «infiniment nourri et inspiré», il s'apprête à remettre les rênes du Tremplin à Dilon Orr, afin de se consacrer pleinement au Trillium, dont il assure déjà la direction générale, à titre de suppléant d'Anne-Marie White, partie occuper l'intérim à la tête La Nouvelle Scène.

Pour y aller

Quand? Du 27 avril au 7 mai

Où? La Nouvelle Scène

Renseignements: billets.nouvellescene.com ou 613-247-2727

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer