Allez, come on, Milord...

Le Théâtre de l'Île présente le Cabaret Oh... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Le Théâtre de l'Île présente le Cabaret Oh La La!.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les six saltimbanques du Cabaret Oh La La! - présenté au Théâtre de l'Île jusqu'au 16 avril - ont donné jeudi soir une représentation sensuelle et souriante de la revue musicale à sketches qu'ils ont créée pour «le plus petit des grands théâtres».

D'abord feutrée, puis plus explosive. L'esthétique est léchée, les tableaux joliment chorégraphiés et la gestuelle théâtrale parfaitement maîtrisée. Si pleinement assumée... que les prestations vocales, quoique parfaitement justes, semblaient souffrir par comparaison d'un petit manque de tonus. Mais notre impression était probablement due au fait que deux des quatre hauts-parleurs avaient rendu l'âme. Dommage. Le problème a heureusement été réglé à l'entracte. On a alors retrouvé l'assurance, la prestance et la puissance vocales qu'exige l'outrance de l'exercice... mais c'est alors que les micros se sont mis à «gricher».

Pour le reste, l'absence de petites tables rondes dans la salle et de volutes grises, ne diminuait en rien l'esprit cabaret qui régnait. Les gags aussi fusent, mais restent finalement «bon enfant», à peine affectés par les guépières affriolantes et autres bustiers gentiment olé! olé! des interprètes.

Malgré la présence de Les nuits d'une demoiselle, chanson comico-sulfureuse de Colette (Irma la douce) Renard - mélangée avec Crazy. Quelle belle audace! -, le spectacle ne dépravera personne. Et s'il ne révolutionne pas le genre, il est visuellement très réussi.

Qui en redingote, qui en froufrous, qui en jupe à paillettes (pour les gars), les comédiennes Marie-Ève Fortier (alias la charnelle Lola), Andrée Rainville (Angel, «mariage de force et d'élégance») et Julie Grethen (en «stagiaire» parachutée parmi la troupe, et source de décalages comiques) ainsi que leurs comparses Alexandre David Gagnon (Billy le «beau ténébreux»), Charles Rose (Didier le «puceau») ne manquent jamais de charisme, et s'amusent beaucoup à jouer de leur sex appeal, dans un registre inhabituellement olé olé, sous l'oeil bienveillant de Richard Bénard, en costume de MC («maître de cérémonie» pour les uns, «mon cochon» pour les autres).

Une poignée de tableaux distincts permet à tous de multiplier les changements de costumes, et même de faire valser un peu les décors.

Au fil d'une bonne trentaine de chansons soignées, ils nous conduisent dans le Paris canaille, aux heures nocturnes des Folies Bergères, nous invitent à la table d'Édith Piaf, ne ratent pas leur swing sur Belleville rendez-vous, font mouche sur Aznavour, revisitent le burlesque des cabarets teutons (terme signifiant "allemands", précise-t-on) de l'entre-deux-guerre, avant d'attaquer un deuxième acte plus moderne, et plus surprenant, où l'Amérique du Nord, d'Elvis à Elle King et de Bang bang à Starmania, brille de toutes ses étoiles. On sort alors le fouet sur Andy, les mélodies de Jean Leloup et de Madonna s'enlacent voluptueusement, et on reprend Depeche Mode à la sauce Johnny Cash, on lâche les flows hip hop, et Andrée Rainville ose un vrai numéro de cirque sur les accords funk de Last Dance de Donna Summer. Le feutre a fichu le camp. L'énergie déborde. On est impressionné!

Le tour de piste du Cabaret Oh La La! se poursuit jusqu'au 16 avril.

Pour y aller

Réservations: 819-243-8000 ou www.ovation.qc.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer