Le CNA dévoile son grand «Plan»

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Des programmations plus audacieuses et axées sur la création. Une plus grande présence et visibilité francophones. Et la mise en place d'un Théâtre autochtone, troisième voix canadienne qui s'ajoutera dès 2017 aux Théâtres anglais et français.

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Robert Gagné, directeur administratif du Théâtre français du CNA

Courtoisie

Ce sont là les grandes lignes du Plan stratégique du Centre national des arts (CNA) d'ici à 2020, dévoilé jeudi.

Si le CNA a fait «beaucoup» de progrès au Canada anglais en ce qui a trait à son rayonnement (auprès des artistes, organismes culturels, public, mécènes et investisseurs), le constat est «nettement plus mitigé» du côté francophone.

«Il y a du chemin à faire, à l'interne, pour commencer, admet le directeur administratif du Théâtre français, Robert Gagné. Le français est la langue maternelle d'environ 40% de nos employés, mais la culture organisationnelle demeure très anglophone, notamment dans sa manière de penser.»

M. Gagné se réjouit de la capacité du pdg de l'institution, Peter Herrndorf, de reconnaître «avec ludicité» les «lacunes» quant à la visibilité du CNA au sein des communautés francophones et aux liens tissés avec les créateurs de langue française. 

Et ce, malgré les initiatives comme CNA présente, les Zones théâtrales biennales et les festivals Scène (Québec, Ontario, des Prairies, Atlantique), où la langue de Molière se décline dans plus d'un accent.

«Le CNA veut donner plus de place au français dans sa programmation, développer des liens plus étroits avec les artistes et organismes culturels francophones du Québec et d'ailleurs au pays. Si le CNA entend miser sur plus de créations d'ici à 2020, il appuiera donc forcément plus les créateurs francophones, notamment par le biais de tournées de spectacles que nous avons co-produits», mentionne M. Gagné.

Il cite l'exemple de Molly Bloom (pièce coproduite par Sibyllines, la compagnie de la directrice artistique du TF, Brigitte Haentjens, et Espace GO), qui voyagera dans neuf villes du Québec.

Robert Gagné sait qu'un tel constat, même clairement identifié dans le plan stratégique, peut être perçu comme de belles intentions. «La prochaine étape est la mise sur pied d'un comité interne pour concrétiser cette volonté. Car volonté il y a», affirme le directeur administratif du Théâtre français.

Parole aux Premiers Peuples

Par ailleurs, l'implantation d'un Théâtre autochtone s'avère «un projet aussi symbolique qu'important», selon la directrice associée du Théâtre anglais du CNA, Sarah Garton Stanley. «L'histoire des Premières Nations fait partie intégrante de l'histoire de notre pays. Il faut qu'elle puisse s'exprimer dans des lieux tel le CNA», soutient-elle.

La création du Théâtre autochtone découle entre autres des efforts déployés depuis une dizaine d'années par les directeurs artistiques (dont Peter Hinton, à la tête du Théâtre anglais de 2005 à 2012) de présenter des artistes des Premiers Peuples et leurs productions au CNA (pendant la Scène du Nord en 2013, par exemple).

Ce Théâtre donnera-t-il voix à des histoires autochtones d'ici seulement? Donnera-t-il l'occasion à des créateurs des Premières Nations de relire des classiques de Molière ou de Shakespeare dans de nouvelles perspectives? Les pièces seront-elles présentées en langues originales?

«Les orientations seront déterminées par la personne qui sera nommée à la direction artistique l'an prochain. Il ou elle devra alors tracer le chemin pour la suite», répond Sarah Garton Stanley.

Une chose est sûre: cette personne sera «absolument» issue d'une communauté autochtone canadienne. 

«Il ou elle devra continuer la conversation avec les nombreuses communautés du pays et ainsi relever le grand défi d'être un vrai leader pour tous, de donner la parole à tous.»

La première saison du Théâtre autochtone débutera à l'automne 2019.

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