Les délices parodiques de 50 Shades!

S'il avait le profil de l'emploi pour la... (Courtoisie)

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S'il avait le profil de l'emploi pour la comédie à saveur judéo-ukrainienne, Martin Larocque est plus inattendu dans le rôle du beau milliardaire qui fait roucouler la jeune Anastasia Steele, dans les romans érotico-sado-masos d'E.L. James.

Courtoisie

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À cause de son physique à contre-emploi, Martin Larocque n'a pas cru Didier Morissonneau quand le producteur l'a approché pour tenir le rôle du fantasmatique Christian Grey dans l'adaptation québécoise de la comédie musicale 50 Shades! The Musical Parody, qui commençait à connaître un certain succès international.

«J'ai d'abord cru qu'il me niaisait. Ou que j'avais mal compris, et qu'il me voulait pour la mise en scène», concède le comédien chauve et barbu, dont le dernier passage sur les planches remonte à Un violon sur le toit, en 2010. 

S'il avait le profil de l'emploi pour la comédie à saveur judéo-ukrainienne, Martin Larocque est plus inattendu dans le rôle du beau milliardaire qui fait roucouler la jeune Anastasia Steele, dans les romans érotico-sado-masos d'E.L. James.

Rires et joues rouges

Mais après avoir visionné quelques vidéoclips des productions étrangères, il s'est laissé convaincre que c'était là la meilleure façon de servir la nature parodique du spectacle. Et a laissé à M. Morissonneau (Big Bazar) les rênes de la mise en scène de 50 Shades! La comédie musicale, que l'on pourra voir à la Maison de la culture, vendredi. 

Ils sont neuf sur scène, dont Albane Château (Anastasia) et Sarah Dagenais-Hakim, Vanessa Duchel et Johanne Lapierre (en lectrices déterminées à réveiller leur libido par la lecture du récit coquin d'E.L. James), sans oublier Marina Bastarache (en «Déesse intérieure») et Léane Labrèche-Dor (la délurée Katherine). Or, si la troupe s'en donne à coeur joie pour égratigner «l'approche pseudo-intense» du roman, la «pièce ne [le] "détruit" pas», explique Martin Larocque. 

Le spectacle est réservé à un public de 16 ans et plus, car «certaines joues vont rougir» durant les séquences osées. Mais cette parodie est surtout l'occasion d'adresser des clins d'oeil à quelques comédies musicales, quitte à se moquer de classiques tels Les Misérables et Le Fantôme de l'opéra, ou encore Grease ou à Dreamgirls «pour gonfler cet état parodique».

Dans la pièce thème, Anastasia évoque son «vide existentiel» en chantant «de façon hyper Walt Disney»: «Il y a un trou en moi que je dois combler.»

«Les spectateurs qui ont envie de voir ces paroles du "côté obscur de la Force" vont beaucoup s'amuser...» souligne le comédien.

L'adaptation de ces «chansons magnifiques» est signée par l'auteure-compositrice-interprète Amélie Veille.

L'importance du jeu

«On joue à fond la fausse profondeur, le second degré. C'est très bonbon - les diabétiques devront faire attention - et un peu kitsch, mais moi, je suis fan des comédies musicales et j'adore quand les violons partent et que tout ce qui allait mal se règle», note Martin Larocque, avant d'ajouter: «Tous mes amis qui détestent les comédies musicales ont eu énormément de plaisir.»

Les comédiens ont tant de plaisir qu'«être assis dans les premières rangées est une position dangereuse», laisse-t-il entendre. Malgré cela, cette pièce est «servie simplement, pas sur un rythme endiablé. On a des éclairages, des costumes, un meuble en guise de décor et c'est tout!» 

Le jeu théâtral et l'interprétation des chansons priment, promet-il. «C'est une parodie jouée avec sincérité.»

Un acte de foi

Comment parodier Christian Grey, millionnaire séduisant et tombeur, sans verser dans l'excès? s'est inquiété Martin Larocque. «Ma peur, c'était [de tomber dans] la vulgarité. Parce qu'avec un corps comme le mien, ça peut vite devenir grotesque.»

D'ailleurs, devoir se promener sur scène en costume d'haltérophile «m'a rappelé que j'avais des complexes et que je ne voulais vraiment pas ça dans ma vie!» rigole celui qui, avant d'être comédien, a sérieusement songé à «devenir curé»; a plus tard lâché sa carrière d'acteur pour se concentrer à temps plein à ses activités de conférencier (sur l'estime de soi et l'intimidation); et a récemment interdit à ses parents de venir voir 50 Shades!.

«Je m'adresse parfois au public dans un langage très cru et je ne voulais pas voir le regard de ma mère à ce moment-là. [...] Ils sont venus quand même...»

«Par pudeur», et parce qu'il a fait du téléroman toute sa vie, il faisait un Christian Grey trop sérieux, au début. «Je n'osais pas aller sur ce terrain-là [alors] je le jouais comme une pute: en posant les gestes, tout en essayant de penser à autre chose. Ç'a pris plusieurs spectacles avant que je trouve le langage [corporel] et que je l'assume.» Voir le public «embarquer dans la proposition sans être choqué» l'a rassuré.

Aujourd'hui, Martin Larocque plonge avec délice dans l'érotisme, la luxure et le ton impérieux de son personnage. Avec le temps, Christian l'a pris dans ses filets. «Je vis un petit buzz. Je suis sexy et j'y crois. Dans la foule, les femmes crient. Je suis comme une vedette rock.»

Pour y aller

Quand? Vendredi 26 février, 20h

Où? Maison de la culture

Pour un public de 16 ans et plus.

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