Apprivoiser la mort Le long de la Principale

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Reprise à Ottawa 17 ans après sa création, Le long de la Principale se joue bientôt dans une nouvelle mise en scène de Jean Stéphane Roy

Courtoisie

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Reprise à Ottawa 17 ans après sa création, Le long de la Principale se joue bientôt dans une nouvelle mise en scène de Jean Stéphane Roy. Retour sur cette comédie funéraire signée Steve Laplante, singulière variation sur le deuil et la mort apprivoisée. Une présentation du Théâtre la Catapulte à La Nouvelle Scène, du 25 février au 4 mars.

L'anecdote a un goût doux-amer. L'auteur Steve Laplante raconte ce jour où il est allé «magasiner» un cercueil pour son père décédé, en compagnie de sa mère.

«Il y en avait de toutes sortes, avec des petites capsules renfermant un ultime message que l'on adresse au défunt. On profite du malheur des gens pour leur vendre n'importe quoi, c'est limite malhonnête.»

Sa stupeur ne s'arrête pas là: faut-il sourire ou s'indigner de ce gazon artificiel apposé sur la terre remuée du cimetière «pour faire comme si personne n'avait été enterré»? 

Le rapport tabou à la mort lui offre un terreau fertile d'écriture. Il rédige son quatrième texte à 26 ans, encore bouleversé par le décès de son propre père.

«J'ai voulu parler de ce que j'avais vécu à chaud, de la blessure, des absurdités liées à la situation, sans prendre de recul.»

Il imagine Lui, un jeune homme dont le père décède subitement sur le plancher de la cuisine. Panique au village de Saint-Icitte; il faut organiser rapidement les funérailles alors que Lui a la conviction qu'il pourra parler une ultime fois à son père.

La pièce naît d'une commande du Théâtre du Tandem, en Abitibi-Témiscamingue, lequel cherchait pourtant à programmer le spectacle en théâtre d'été, estampillé plus léger. Le sujet ne s'y prête guère, mais l'auteur trouve l'angle adéquat pour le transposer en comédie. Les larmes de la tragédie cèdent place à l'absurdité de certaines situations, à la naïveté d'expressions comprises au premier degré.

Steve Laplante compose «un conte universel sur la mort et le deuil» qui devrait parler aussi bien aux adultes qu'aux plus jeunes. La pièce a décroché une nomination aux Prix littéraires du Gouverneur général en 2007.

C'est aussi la perte de proches qui a poussé Jean Stéphane Roy à remonter le spectacle, cette saison.

Regards du metteur en scène d'aujourd'hui sur celui d'alors? «J'avais traité mes personnages comme des mangas, se souvient-il à propos de sa mise en scène en 1999. Lui était vêtu en samouraï, la pièce se déroulait sur une musique de cirque. C'était plus superficiel et cute, disons.»

Cette nouvelle mouture enterre, en quelque sorte, une période artistique révolue pour le directeur de la Catapulte.

Interprétée par Jonathan Charlebois, Alexandre Gauthier, Caroline Lefebvre et Lissa Léger, la pièce a subi un travail d'épure afin de dépouiller les répliques de tout réalisme, tout en conservant la profondeur allégorique du texte. 

Le long de la Principale, à plusieurs égards, représente le chemin parcouru depuis 17 ans par ceux qui l'ont côtoyé.

«Je goûte à ce sentiment de confort de remettre de vieilles pantoufles, reconnaît le metteur en scène. En même temps, je n'ai jamais été aussi peu sûr de moi.»

Et comment l'être sur un sujet aussi délicat à résonnance à la fois universelle et intime?

Pour y aller

Quand? Du 25 février au 4 mars

Où? La Nouvelle Scène

Renseignements: 613-241-2727 ou www.nouvellescene.com

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