Au coeur des mots de Jean Marc Dalpé

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Jean Marc Dalpé n'a délibérément assisté qu'à «un petit bout de répétition» en décembre dernier, afin de ne pas gâcher le plaisir.

Olivier Pontbriand, Archives La Presse

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Quand l'idée lui a été soumise de porter Un vent se lève qui éparpille à la scène, Jean Marc Dalpé a été catégorique: ce ne serait pas lui qui adapterait son texte pour le théâtre.

«D'abord, parce que j'avais écrit le roman avec l'idée d'un lecteur à l'autre bout. C'était la première fois que j'écrivais sans pouvoir voir les gens en train de recevoir cette parole, contrairement au théâtre», explique-t-il.

Ensuite, parce qu'il souhaitait «être surpris, que ça passe par l'interprétation de quelqu'un d'autre», renchérit-il du même souffle. 

Ainsi, lorsque Geneviève Pineault l'a approché, il lui a tout simplement dit: «Parfait! Je te laisse faire!»

Or, reconnaît le dramaturge, poète et comédien, même s'il avait écrit Un vent se lève qui éparpille «pour la page», il entendait «cette voix, celle qui raconte cette histoire». D'ailleurs, Jean Marc Dalpé a déjà fait la lecture de son roman, dans son intégralité, lors de deux événements distincts, à Sudbury. 

«Chaque fois, ç'a été une expérience très agréable.»

Mais de là à voir cette parole prendre vie sur les planches, il y avait un pas qu'il n'était toutefois pas prêt à faire.

Toucher à l'essentiel

«Pour adapter, il faut bien prendre le temps de lire et de relire le texte original, pour aller au coeur de l'oeuvre. Une fois qu'on y a touché, il ne faut jamais, jamais miner ça. Tout devient alors travail de distillation», soutient celui qui a notamment ciselé deux traductions de textes de Shakespeare (Hamlet et Richard III).

À quoi tient donc le coeur d'Un vent se lève, selon son auteur?

À l'autre bout du fil, Jean Marc Dalpé marque une pause.

«Je me ferme les yeux et je me revois en train d'écrire... Des images traînaient dans mon cerveau depuis longtemps, depuis Le Chien [écrite en 1987], en fait. Le roman est donc fait des scories de la pièce et il est véritablement devenu ce qu'il est quand j'ai senti la voix du narrateur, qui raconte cette histoire en n'en connaissant pas certains bouttes, en ayant des doutes sur ce qui s'est vraiment passé. Quand j'ai trouvé ça, j'ai su que je touchais à quelque chose d'essentiel», raconte-t-il.

Cette voix du narrateur pourrait bien renvoyer au choeur grec, comme quoi le dramaturge n'est jamais très loin.

«Il est question de tabous enfreints, de dysfonction sexuelle et amoureuse, d'orgueil et d'éclats de rage: on retourne chez les Grecs, avec tout ça!» clame-t-il.

Jean Marc Dalpé n'a délibérément assisté qu'à «un petit bout de répétition» en décembre dernier, afin de ne pas gâcher son plaisir de découvrir la vision de son texte proposée par Geneviève Pineault, la semaine prochaine.

Car il sera là, le soir de la grande première. Pour entendre les voix de ses personnages prendre vie dans un nouvel espace-temps.

Marie vue par...

Milva Ménard incarne Marie.... (Martin Roy, LeDroit) - image 3.0

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Milva Ménard incarne Marie.

Martin Roy, LeDroit

Jean Marc Dalpé

«Je ne voulais pas qu'elle ne soit qu'un objet de désir. Elle l'est, certes, dans le regard des hommes, mais c'est une femme plus complexe que ça.»

Geneviève Pineault

«Elle est le vent, soufflant le chaud et le froid, affectant les autres par sa seule présence. Elle veut, mais n'ose pas, notamment partir.»

Marcel vu par...

Bryan Morneau incarne Marcel.... (Martin Roy, LeDroit) - image 5.0

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Bryan Morneau incarne Marcel.

Martin Roy, LeDroit

Jean Marc Dalpé

«Il incarne l'instinct, la blessure. En fait, je réalise avec le recul que ce sont les deux plus jeunes personnages qui sont le plus blessés...»

Geneviève Pineault

«Marcel est le feu, la pulsion, l'amour foudroyé. Il élève Marie sur un piédestal et il serait prêt à tuer pour elle, s'il le fallait.»

Joseph vu par...

David Boutin incarne Joseph.... (Martin Roy, LeDroit) - image 7.0

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David Boutin incarne Joseph.

Martin Roy, LeDroit

Jean Marc Dalpé

«Joseph est carrément happé par l'innommable. Il est pourtant convaincu d'être en contrôle, alors qu'il sera défait par ses pulsions.»

Geneviève Pineault

«Il symbolise la terre. Il est enivré par l'odeur de Marie, consumé par le désir et la folle possibilité de recommencer, peut-être, sa vie...»

Rose vue par...

Annick Léger incarne Rose.... (Martin Roy, LeDroit) - image 9.0

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Annick Léger incarne Rose.

Martin Roy, LeDroit

Jean Marc Dalpé

«Elle est indignation, colère, hargne, mais elle choisit de vivre. Je suis très attaché à son refus têtu de mourir, à son "non" viscéral de sombrer.»

Geneviève Pineault

«Ah! Rose... C'est l'eau, la victime du triangle amoureux et la rage qui en fait à la fois une coquille vide et quelqu'un de très orgueilleux.»

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