La magie opère

Du roman de L. Frank Baum au film musical de Victor Fleming, la courageuse... (Courtoisie)

Agrandir

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Du roman de L. Frank Baum au film musical de Victor Fleming, la courageuse Dorothy Gale, du Kansas, parcourt l'Amérique de Nord, en chair et en os, avec la comédie musicale Le Magicien d'Oz, présentée jusqu'au 3 janvier au Centre national des arts. Avec ses souliers rouges, elle trace son chemin sur les planches, entre souvenirs et émotions, dans un spectacle rendant hommage à cette épopée littéraire et cinématographique qui fait le bonheur des jeunes de coeur depuis des générations.

S'asseoir bien confortablement devant son téléviseur pour savourer chaque seconde d'un classique parmi les classiques quelques heures avant d'en voir l'adaptation sur scène - version Broadway - ne s'avère peut-être pas la meilleure des idées. On identifie rapidement les scènes a-b-s-o-l-u-m-e-n-t intouchables, profondément ancrées dans l'imaginaire collectif, des passages sacro-saints où le simple fait d'évoquer toute modification relève d'un crime de lèse-majesté ou d'une catastrophe annoncée. Sans oublier l'iconique Judy Garland, oscarisée en 1940 pour son interprétation de Dorothy, un rôle tenu à l'âge de 17 ans qui lui vaudra la consécration hollywoodienne et internationale.

Il suffit toutefois de réunir Andrew Lloyd Weber, Tim Rice et Jeremy Sams, trois ténors britanniques de la comédie musicale, pour faire de cette oeuvre culte un succès qui vaut franchement le détour, malgré une belle bordée de neige, comme ce fut le cas mardi, soir de première.

Dès la première scène, le spectateur est plongé dans une ambiance minimaliste, digne d'un autre temps, teintée de gris, de noir, de blanc et de sépia, sur la ferme de tante Em et d'oncle Henry. Là où certains pourraient y voir une scénographie convenue, d'autres applaudiront les paysages peints, véritables pastiches des décors du film dans lesquels se fondront d'autres éléments plus sophistiqués, tout au long de la soirée, avec en prime les flamboyantes couleurs de l'arc-en-ciel. Un ingénieux amalgame de technologie et de savoir-faire artisanal que l'on doit au concepteur Robert Jones, également créateur des magnifiques costumes.

Tempête il y aura, dans le coeur de Dorothy, dont le chien Toto est menacé de mort par l'horrible Almira Gulch. Elle rêve alors d'un ailleurs, porté en chanson dans Somewhere Over the Rainbow, que Sarah Lasko interprète avec grand talent, tout comme le reste du répertoire, passant haut la main le test de la comparaison pour faire de sa Dorothy celle qu'on aime tant retrouver.

S'ensuit la célébrissime scène de la tornade qui prend vie et forme grâce aux projections fort réussies. La technique facilite l'adaptation de divers segments, notamment l'attaque des singes volants ou, encore, les apparitions du terrifiant et majestueux Magicien d'Oz.

Du roman de L. Frank Baum au film musical de Victor Fleming, la... (Courtoisie) - image 2.0

Agrandir

Courtoisie

L'Épouvantail? L'Homme de fer-blanc? Le Lion? Un à un, le spectateur va à leur rencontre, ravi de les accompagner dans leurs péripéties et leur quête d'un cerveau, un coeur et du courage. Morgan Reynolds, Jay McGill et Aaron Fried sont tous convaincants, quoique l'ami fauve poussera quelques répliques savoureuses qui gagneront la faveur de la foule. Quant à Glinda et la Méchante sorcière de l'Ouest, belle trouvaille, toutes deux s'affronteront en dialogues et en chansons, un ajout qui pimente agréablement l'intrigue. Limpide, juste et harmonieuse, la voix de soprano de Shana Hadjian fera toutefois sourciller, celle-ci contrastant avec l'habituel timbre hargneux que vocifèrent les sorcières. Mention toute spéciale à Nigel, alias le chien Toto, qui, récompensé de plusieurs gâteries, a livré une prestation sans faille.

Accompagnées par la musique d'un orchestre, les chorégraphies, trop peu nombreuses, ont ponctué à merveille les aventures des habitants de Munchkinland, du château de la sorcière et de la cité d'Émeraude.

Au sortir de la salle, un brouhaha d'émerveillement se fera entendre. Une fillette de cinq ans monte les marches vers le foyer. De la tête aux pieds, c'est la copie conforme de Dorothy, avec deux longues tresses encadrant parfaitement son visage, une robe à carreaux et de scintillants souliers de rubis. Dans ses yeux, une joie incommensurable... et le reflet de notre propre ravissement devant un spectacle qui a su garder presque intacte la mémoire d'un univers tant chéri.

Pour y aller

Quand: jusqu'au 3 janvier 2016

Où: Centre national des Arts

Renseignements: Billetterie du CNA; TicketMaster.ca, 1-888-991-2787

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer