Gentleman Corneille

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Selon le chanteur Corneille, la beauté du répertoire repris dans le spectacle Forever Gentleman, c'est qu'il transcende les générations

Ivanoh Demers, archives La Presse

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Garou, Roch Voisine et Corneille. En smoking, noeuds papillons et souliers vernis. Entourés d'un big band de 12 musiciens, de la présence féminine de Marie-Ève Janvier. Tous réunis autour du répertoire du Rat Pack, des crooners et artistes des années 50 et 60. Corneille est bien conscient qu'il est, des trois chanteurs au coeur du projet, «celui qu'on attend le moins dans cet univers». Et pourtant. À 12 ans, il a connu Sammy Davis Jr. «bien avant Michael Jackson», dans son Rwanda natal.

«Une de mes fenêtres sur l'Amérique, quand j'étais enfant, c'était le Ed Sullivan Show, raconte-t-il. On allait à l'ambassade américaine louer des cassettes VHS de cette émission.»

Il y a donc vu défiler les grands crooners de l'époque, en plus de visionner en parallèle les vieux films du Rat Pack.

Forever Gentlemen a été, a priori, un projet français d'albums rassemblant autour des classiques du genre (de La Belle Vie à New York New York, entre autres) près d'une quinzaine d'artistes de tous les horizons.

«Garou, Roch et moi étant d'une culture plus hybride, nous étions plus proches de l'histoire de cette musique. Et chaque fois qu'on se croisait, on se disait qu'il nous fallait amener tout ça sur une scène», évoque Corneille.

Leurs horaires chargés et souvent incompatibles ont toutefois freiné leurs envies pendant quelque temps. Jusqu'au moment où «la volonté de monter ce spectacle a pris le dessus sur tout le reste», fait valoir Corneille.

Garou a travaillé sur la mise en scène. Roch Voisine s'est occupé de choisir les pièces pour l'album québécois, d'en coordonner la diffusion.

«Mon boulot à moi? C'est de les contrôler tous les deux!» lance dans un éclat de rire le troisième larron du groupe.

Affaire de complicité

Fleurant bon la nostalgie assumée et l'élégance raffinée, Forever Gentlemen mise d'abord et avant tout sur la complicité du trio d'interprètes, qui foulera les planches du Théâtre du Casino, jeudi, devant une salle comble.

«Elle tient à ça, la magie de ce projet: à notre véritable chimie et notre complémentarité, soutient Corneille. Nous avons tant de plaisir ensemble que ça devient contagieux!»

Ç'aurait pu être un exercice un brin «casse-gueule», reconnaît l'auteur-compositeur-interprète de 38 ans. Chacun a sa carrière, son public, son genre. L'un est dans la cinquantaine (Roch Voisine), l'autre dans la quarantaine (Garou). Et lui, du haut de sa trentaine, s'amuse d'ailleurs à leur tirer la pipe à ce sujet, avoue-t-il en rigolant, à l'autre bout du fil.

«Or, la beauté du répertoire que nous reprenons, c'est qu'il transcende justement les générations. Et puis, nous ne sommes pas là pour tirer la couverture chacun de son bord, mais bien pour faire briller l'autre. C'est ce que nous sommes les trois ensemble, et non ce que nous sommes individuellement, qui fait le succès de Forever Gentlemen

Selon lui, les gens ont envie, voire besoin, de ressentir une telle camaraderie sur scène, en plus de pouvoir entendre une musique qu'ils connaissent et dans laquelle ils se reconnaissent. À preuve, leur album «québécois» est déjà certifié disque d'or (40 000 exemplaires vendus).

«Dans la période que nous traversons, où plusieurs de nos repères sont en mutation, où les frontières explosent, où l'économie mondiale chancelle, il y a quelque chose là de rassurant. On veut garder un pied dans le passé parce que l'avenir semble passablement incertain.»

L'habit fait le Crooner

Dans un tel contexte, l'habit fait en quelque sorte le moine.

«Les crooners ont été les premiers chanteurs à se servir d'un micro pour susurrer, pour s'affirmer en douceur, rappelle Corneille. Et ils se pointaient toujours devant leur public portés par un souci d'élégance, de bien paraître.»

Ainsi, les trois «gentlemen» d'aujourd'hui font de même, revêtant smokings et souliers vernis. Qui s'avèrent plus que des costumes en lien avec une époque.

«Quand on enfile nos habits, on a tout de suite envie de se tenir plus droit, mentionne Corneille. Il y a certes une part de rêve associée à tout ça, mais aussi une façon de chanter, de partager, de se présenter aux gens.»

S'ils présentent un premier spectacle à guichets fermés à Gatineau, jeudi soir, Garou, Roch Voisine et Corneille seront de retour, pour un deuxième tour, cet hiver.

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