Habité de souvenirs

Gilles Provost, 77 ans, fait partie de ceux... (Martin Roy, LeDroit)

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Gilles Provost, 77 ans, fait partie de ceux qui aiment se raconter.

Martin Roy, LeDroit

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Sa maison patrimoniale est un atelier habité de souvenirs. Des objets qui ont un lien avec le théâtre, maquettes de spectacles reconstituées, affiches de festival, livres, et, plus incongrues, peluches accrochées un peu partout. «Elles sont destinées aux enfants des comédiennes avec qui j'ai travaillé», explique Gilles Provost, surveillé d'un oeil mou par un lionceau au poil fatigué.

Dehors, un jardin d'automne intact donne sur la rue Hanson. À quelques encablures, le Théâtre de l'Île se prépare déjà pour l'hiver. Gilles Provost y a passé 33 ans à titre de directeur artistique mais c'est vers la compagnie Désinvolte, 20 ans cette année, qu'il s'est tourné pour mettre en scène Les grandes retrouvailles. La création de Normand Laniel prendra l'affiche au studio de l'Avant-Première, au Conservatoire de musique de Gatineau, du 5 au 14 novembre.

Gilles Provost, 77 ans, fait partie de ceux qui aiment se raconter. Son adaptation des Grandes retrouvailles s'accroche au thème du souvenir. Un effet Madeleine de Proust qui lui va bien. Rencontre avec un passionné, tout en digressions.

«Ma grand-mère était la soeur de l'arrière-grand-mère de l'auteur», raconte le metteur en scène.

Comme l'arbre généalogique, ses anecdotes peuvent pousser dans tous les sens et remonter très loin dans le temps: à son enfance, alors qu'il découvre par hasard le théâtre en anglais, ou plus tard, quand il dirigera André Brassard dans En attendant Godot et qu'il travaillera au Centre national des arts dès 1969.

Enfoui dans un confortable fauteuil de son salon, Gilles Provost fait ressurgir tous les souvenirs accrochés aux dernières décennies. Et revient, de temps en temps, au sujet de notre rencontre: la pièce Les grandes retrouvailles, qui signe aussi son retour à la mise en scène depuis son départ du Théâtre de l'Île, il y a sept ans. Quand on lui demande ce qui l'a poussé à revenir dans le giron du métier, Gilles Provost n'hésite pas une seconde: «le même plaisir!»

Il y a de l'enfance chez ce septuagénaire qui n'a pas vu le temps passer et continue de monter sur scène «quand le théâtre a besoin d'antiquités».

Pater familias

Le Hullois aime l'esprit de famille qui émane d'une troupe, le travail collectif et les défis partagés. «Je suis un directeur, pas un dictateur», clame-t-il. Sa distribution mélange d'ailleurs comédiens d'expérience et jeunes recrues.

L'histoire, on la connaît déjà, M. Provost nous en avait confié la teneur lors d'une mise en lecture publique, l'an dernier: deux sexagénaires se retrouvent dans un parc au lendemain de funérailles. L'une tend à l'autre un album de photographies. Elles se souviennent du Hull d'après-guerre, de la maison de leur enfance, des batailles politiques des années 1950. La mise en scène inclut d'ailleurs des projections de photographies d'archives. En tout, 14 personnages font revivre cette époque, guidés par le tandem de copines incarné par les comédiennes Joanne Demers et Ginette Fournier.

«La pièce a été pensée comme un scénario, avec d'incessants flash-backs, raconte le metteur en scène. À nous de relever le défi de la porter sur les planches!»

Pour y aller

Quand? Du 5 au 7 novembre, et du 12 au 14 novembre

Où? Studio de l'Avant-Première

Renseignements: desinvolte.com

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