Des artères plus rock

Louis-Jean Cormier... (Martin Chamberland, archives La Presse)

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Louis-Jean Cormier

Martin Chamberland, archives La Presse

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Louis-Jean Cormier cumule: nouvel album, tournée, sept nominations à l'ADISQ, un lancement fort probable de son disque en Europe cet hiver. Autant de pansements posés sur les plaies de Grandes artères, sorti au printemps dernier, où l'amour ne rime pas toujours avec humour.

Il a une voix légèrement cassée, un peu fatiguée. «J'ai des enfants qui se lèvent tôt et le groupe vient de reprendre du service», sourit-il. Après une vingtaine de concerts en rodage, avant l'été, le chanteur/compositeur revient sur scène en tournée officielle. Il sera en concert à la salle Odyssée jeudi soir.

Les auditeurs des Grandes artères seront peut-être déroutés: le groupe délaisse l'artillerie lourde de l'album - choeurs d'enfants et section de cuivres - pour une formation plus dépouillée. «On voulait revivre à cinq musiciens la tournée du premier album solo, poursuit-il. Ramener les chansons à un univers plus rock atmosphérique, celui du son de Karkwa.»

Il nous prévient: attention, le concert «brasse»! Naviguer entre le rock et la variété a toujours été un jeu compliqué pour les artistes. Il faut avoir le cuir coriace. «J'avais le désir de réaliser cet album selon une texture psychédélique, celle que l'on retrouve sur le titre St-Michel, précise-t-il. Mais les chansons étaient tellement intimes, personnelles, proches du chuchotement amoureux, que mon idée de départ ne marchait plus. Le banjo est arrivé, il amenait d'emblée une sincérité.»

Directions variées

Tout comme les cuivres ou les choeurs d'enfants, qui feront prendre aux Grands artères des directions variées. Coécrit avec Daniel Beaumont et Martin Léon, «le disque fait le tour du coeur».

On peut penser à Mario Pelchat, Daniel Lavoie, Nana Mouskouri, aux années 1970 un peu ringardes, avec les mignons petits enfants en chorale mignardise. Le chanteur se défend: «Ce sont des ados. Les jeunes hommes ont commencé à muer tandis que les filles ont des voix de sopranino, des voix aiguës d'anges célestes.»

La chorale de l'école Joseph-François-Perreaut participe ainsi à trois chansons de l'album, et, outre les cordes habituelles, on y retrouve violon, trompette, cor français, trombone et tuba. Vertigineux assemblage? «Je reconnais qu'il y a un effet étourdissant à cet album. Mais ma vie elle-même est parfois étourdissante.»

L'ex-coach de La Voix l'avoue sans ambages: il ne s'attendait pas à devenir un sex-symbol du jour au lendemain. L'émission de télévision l'a exposé à un tout autre public que celui de Karkwa. «Le Québec m'a adopté, dit-il, j'ai dû apprivoiser une vie publique et j'ai réalisé que j'avais une fausse idée de la popularité. Il y a plus d'avantages que d'inconvénients, certes, mais on se retrouve isolés, entourés d'appétits divers.»

Est-ce la raison pour laquelle il évoque tant ce besoin d'évasion, dans ses chansons? «Il y a quelque chose de très poétique dans le désir de partir, de couper les ponts ou de célébrer son amour à l'autre bout du monde.»

De quoi alimenter quelques choeurs d'enfants, et ces paroles intemporelles de Félix Leclerc qu'il reprend sur l'album: «Nous partirons seuls loin/Pendant que nos parents dorment/Nous prendrons le chemin/Nous prendrons notre enfance/Un peu d'eau et de pain/Et beaucoup d'espérance.»

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