Concerto pour capharnaüm

La récup', c'est une attitude, une nécessité et parfois un art. C'est aussi le... (Courtoisie)

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Courtoisie

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La récup', c'est une attitude, une nécessité et parfois un art. C'est aussi le décor de la pièce As is (tel quel), signée Simon Boudreault.

L'auteur et metteur en scène conseille au spectateur d'entrer dans le théâtre dès l'ouverture des portes afin de prendre le temps de scruter le plateau habité d'objets hétéroclites, comme dans une friperie ou un magasin de produits usagés. Une installation à la manière d'un collage à contempler: des jouets, un matelas, des articles de sport et de cuisine... «Les gens reconnaîtront toutes les sphères de leur vie», promet Simon Boudreault.

Créée au Théâtre d'Aujourd'hui l'an dernier, sa pièce est reprise au CNA du 28 au 31 octobre. Elle propose une réflexion autour de la surproduction d'objets dans notre quotidien. Mais pas seulement.

À côté des pièces du répertoire, des spectacles naissent d'un travail sur des documents, récits et témoignages qui mettent en jeu l'histoire, grande ou petite, intime et politique, économique et sociale. C'est le cas de As Is (tel quel), qui s'empare d'un sujet inscrit dans les replis de l'actualité: l'organisation du travail avec ses rapports hiérarchiques, ses luttes de classes et ses préjugés.

Simon Boudreault se souvient de son premier emploi d'étudiant, «le seul où mon CV ait été accepté». Il triait les objets d'un magasin de l'Armée du Salut. «Ce lieu m'a beaucoup inspiré, assure-t-il, j'étais fasciné par l'amoncellement d'objets personnels devant lesquels je me trouvais. Il y avait des lettres, des photos, des sacoches encore pleines. J'avais l'impression de pénétrer dans l'intimité d'inconnus.»

Il écrit l'histoire de Saturnin, un jeune étudiant confronté à sa toute première expérience du monde du travail, dans un magasin de recyclage justement. L'Armée du Salut a été transposée en Armée du rachat dans sa pièce. La recrue découvre un milieu d'écorchés, incluant des toxicomanes en réinsertion. «Tout un fossé le sépare de ses collègues, il passe pour un intellectuel.»

Ce n'est pas la première fois que l'auteur explore le microcosme professionnel d'un milieu ouvrier. Sa pièce Sauce Brune, à l'affiche à Ottawa en 2011, mettait en scène le quotidien d'employées d'une cantine scolaire. «Ce sont des lieux où les rapports hiérarchiques sont exacerbés, croit-il. Moi-même je suis issu de cette classe.»

Simon Boudreault ne pratique pas un théâtre-documentaire, mais le théâtre-récit, dans la lignée de Robert Lepage ou de Bob Wilson, voire du théâtre-musical de Brecht.

Chez ces grands metteurs en scène contemporains, il admire l'utilisation du décor comme moteur dramaturgique. «La forme amène une théâtralité.». Dans la tradition brechtienne, c'est le côté fanfare et festif qui l'inspire. «J'aime créer des contrastes, proposer un spectacle divertissant.» Trois musiciens accompagnent les sept comédiens sur le plateau.

Son travail lui a valu une nomination aux Prix littéraires du Gouverneur général, l'an dernier. La pièce est en cours d'adaptation cinématographique, dont la réalisation a été confiée à Sébastien Rose (Comment ma mère accoucha de moi...; La vie avec mon père)

POUR Y ALLER

OÙ? Studio du Centre national des arts

QUAND? Du 28 au 31 octobre, 20 h

RENSEIGNEMENTS: Billetterie du CNA, 613-947-7000; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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