Les pansements de Saint-Bernardin

Rosie Valland a écrit et enregistré en grande... (Martin Roy, LeDroit)

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Rosie Valland a écrit et enregistré en grande partie son nouvel album dans l'Est ontarien.

Martin Roy, LeDroit

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Ariane Moffatt partagera, jeudi à la Maison de la culture, l'espace-temps qui s'écoule au creux de 22h22, cette minute à soi, fragile bulle que maman Moffatt artiste rassérénée, s'est empressée d'explorer sur disque. Dès 20h, ce sera Rosie Valland, venue réchauffer les planches, qui aura sa minute de gloire.

La chanteuse de 23 ans présentera quelques chansons tirées de son premier album, Partir avant, paru le mois dernier. L'auteure-compositeure-interprète y fait état d'une blessure amoureuse qui cicatrice lentement, au fil des chansons.

Ce disque folk ambient, elle l'a largement composé et enregistré dans l'Est ontarien, au studio de Pandaléon, caché à Saint-Bernardin. Elle avait rencontré le trio en 2012, à Granby, alors qu'elle était finaliste du festival de la chanson. C'est d'ailleurs Jean-Philippe Levac, derrière la batterie, qu'on entend sur le disque.

«Je tenais à faire quelques sessions là-bas, pour capter l'énergie de la campagne. J'avais besoin de sentir que ce n'était pas un album écrit juste en ville.» Et puis la moitié du temps, on ne travaillait pas, on trippait. On allait faire du quatre-roues ou on déconnait», confesse-t-elle. «La campagne m'apaise», dit Rosie Valland, originaire d'un petit village de Montérégie, Saint-Césaire.

Triangle douloureux

Retrouver la paix était fondamental pour Rosie Valland. Car, bien que sa démarche repose sur l'exposition du «triangle amoureux» - «une relation de tromperie, une histoire passionnelle qui s'est finie abruptement, parce que je n'étais pas la [fille] choisie» - douloureux et destructeur, elle ne voulait surtout pas plonger dans ses larmes ou «gratter [s]es bobos», mais bien proposer un disque qui accompagne les étapes d'une reconstruction. Les larmes se sont perdues sous les vagues de synthétiseurs. Le disque est devenu un «baume».

Au fil des morceaux s'établit «un dialogue qui n'a jamais eu lieu: il y a un jeu sur les 'je' et les 'tu' qui se répondent; je trouvais intéressant d'exploiter cet angle», explique Rosie Valland. Un disque de tripe, où la poésie fait fort heureusement rempart à l'impudeur. «Tout a été écrit en deux mois. Il y avait comme une urgence d'écrire et d'enregistrer ces chansons-là.» En tenant la plume, «je ne pouvais pas me permettre d'avoir le pied sur le break.»

Puis le sentiment de devoir contrebalancer les choses s'est imposé au moment d'habiller les mélodies de ses complaintes: «C'était essentiel de sortir du 'chemin attendu'de la chanson. On ne gardait donc jamais la première idée, mais plutôt la quarantième», laisse entendre Rosie Valland, qui a une formation en piano classique, mais qui ne compose qu'à la guitare. «Je ne connais pas mes accords: je travaille d'oreille. C'est plus intuitif que le piano.»

Nouvelle adresse

La demoiselle était de passage à la dernière édition du FOÉ, en duo avec Jesse MacCormack (lequel a réalisé Partir avant; il manipule aussi la guitare, les trompettes, et plusieurs autres instruments). Elle joue souvent en trio, avec M. Levac, et parfois même à quatre, quand David Dupaul et sa basse peuvent les rejoindre. Mais c'est en solo que Rosie Valland se présente ce soir, pour partager Olympe, ce premier extrait radiophonique très bien reçu, et sans doute quelques chansons d'amour «plus sombres et plus folk» tirées de son minialbum - un éponyme paru l'an dernier, dont plusieurs chansons ont étoffé la bande sonore de la populaire télésérie Nouvelle adresse.

En alternance avec Peter Henry Phillips (le projet anglophone de «Philou» Côté), elle assure les premières parties de la présente tournée d'Ariane Moffatt. Un beau départ. Et ce n'est qu'un début... Au printemps prochain, Rosie Valland ouvrira les prestations pour les Soeurs Boulay (lesquelles feront paraître leur nouvel album le 16 octobre, juste avant leur passage à Ripon, le 24; la salle Odyssée les accueillera le 24 février). La demoiselle vient de se produire à Pop Montréal, le festival dédié à la relève musicale, et participera à la 29e édition du coup de coeur francophone, en novembre, en plateau double avec Safia Nolin.

POUR Y ALLER

Maison de la culture

jeudi 8 octobre, à 20 h

819-243-2525; www.salleodyssee.ca

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