L'adolescence, cet âge scandaleux

La jeune comédienne Kim Despatis est en vedette... (Courtoisie, Joé Pelletier)

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La jeune comédienne Kim Despatis est en vedette dans la pièce Et au pire on se mariera.

Courtoisie, Joé Pelletier

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Il a déboulé sur la scène québécoise avec cette pièce au titre évocateur, Et au pire on se mariera, reprise du 1er au 3 octobre au studio Léonard-Beaune de l'Université d'Ottawa par le Théâtre la Catapulte. Un objet théâtral risque-tout, promettant de créer la plus déroutante des ambiances: la déposition - policière? - en huis clos d'une adolescente violemment sortie de l'enfance.

Le metteur en scène Nicolas Gendron propose une adaptation solo du roman éponyme de Sophie Bienvenu pour ce premier spectacle de sa compagnie ExLibris interprété par la comédienne Kim Despatis.

Aïcha a 13 ans, pas encore la période des premières amours, des premières transgressions. Pourtant, elle aime déjà un homme qui a le double de son âge. La préadolescente a aussi été victime d'abus dans son enfance. «Mais à ses yeux, il ne s'agissait pas d'abus puisqu'elle était amoureuse de son beau-père, précise Nicolas Gendron. Le spectacle interroge les limites entre ce qui est bien et mal, entre passion amoureuse et amitié.»

La pièce tient sur cette béance de sens, que le personnage rebelle de la jeune fille recouvre d'une opacité bien calculée. Et sur les questions que l'auteure Sophie Bienvenu distille autour d'Aïcha, à sa manière franche et révoltée, sans apporter de réponse.

«Elle a des côtés ''petite peste'' qui cachent une grande détresse et une grande solitude», poursuit le metteur en scène.

Pour jouer Aïcha, il a fait appel à une comédienne en début de carrière mais déjà expérimentée. Diplômée en 2011 de l'École nationale de théâtre, Kim Despatis a déjà été dirigée par des metteurs en scène de renom: Catherine Vidal, René Richard Cyr, Serge Denoncourt.

«Au cinéma, il est possible de travailler avec une adolescente, mais pas au théâtre, assure Nicolas Gendron. La présence sur scène demande un investissement émotionnel et énergique chevronné.» Kim possédait un registre de femme-enfant qui avait séduit le metteur en scène dans de précédentes productions. «Je cherchais une comédienne capable de montrer beaucoup de caractère et de mordant pour interpréter Aïcha, laquelle éprouve des sautes d'humeur - la faisant passer d'un caractère léger à la gravité en un quart de seconde.»

La pièce oppose l'impertinence d'une ado au reste du monde, ici figuré par la famille, l'école, les copains, une ado plutôt malmenée dans cette histoire. Les failles demeurent visibles derrière la soif transgressive de l'adolescence.

Et au pire, on se mariera fera également l'objet d'un film réalisé par Léa Pool, donnant fin aux représentations de la pièce, pour des questions de droits d'auteur. À voir, donc, avant la tombée du rideau.

Pour y aller

Quand? Du 1er au 3 octobre, 19h30

Où? Studio Léonard-Beaune de l'Université d'Ottawa

Renseignements? 613-241-2727; www.nouvellescene.com

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