Les Zones Théâtrales en piste

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Le directeur artistique des Zones Théâtrales, René Cormier

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D'un côté, le théâtre; de l'autre, le cirque, la danse, la marionnette... Entre les deux, un trait d'union éclectique: la biennale des Zones Théâtrales, qui se déroule du 14 au 19 septembre dans différents lieux d'Ottawa-Gatineau.

Les neuf spectacles présentés - dont 6 nouvelles créations - ont le goût du risque et foncent. Qu'il s'agisse de la compagnie Vague de cirque, des Îles-de-la-Madeleine, experte en défis acrobatiques et poétiques, ou des Sages fous, de Trois-Rivières, marionnettistes «montreurs de curiosités». Encore faut-il mentionner le tandem Satellite Théâtre/Théâtre populaire d'Acadie, qui visse le jeu physique pour mieux le faire exploser, ou les Créations inVivo d'Ottawa dont le spectacle puisera dans le théâtre, la danse, le cirque contemporain, ou encore le documentaire. La brochure 2015 affectionne l'expression «ludique» qui fait un retour en fanfare cette année.

Les répercussions sur le public ne sont pas négligeables: un tiers des productions s'adresse aux jeunes spectateurs, Les Trois Mousquetaires Plomberie (14 ans et plus), Tricyle (12 ans et plus) et Petites Bûches (dès 8 ans).

La compagnie Vague de cirque plantera même son chapiteau de 200 places toute la durée du festival, sur le site du Musée canadien de l'histoire: un symbole fort du décloisonnement des arts, cette tendance qui irrigue abondamment la 6e édition des Zones Théâtrales.

«La diversité de la programmation 2015 reflète la pratique multidisciplinaire du milieu artistique des communautés francophones du Canada et des régions du Québec», remarque René Cormier, à la tête de la biennale pour une troisième édition. Le phénomène est loin d'être spécifique aux régions: cette mixité s'inscrirait dans un mouvement plus large d'intégration des pratiques, notamment celle du cirque, en plein essor, note le directeur artistique.

Dans leur désir de croiser les arts, ces spectacles dépassent le seul attrait «ludique» et chercheraient à proposer de véritables points de vue sur la société. La production Barbecue interroge dans ses tableaux circassiens les relations de voisinage. La nouvelle création d'Anne-Marie White, #pigeonsaffamés, s'empare de nos préoccupations sociales contemporaines sur le bonheur et le confort. Écrite par Anna Beaupré Moulounda, une comédienne née en Abitibi d'un père d'origine congolaise et d'une mère québécoise, Sans Pays explore l'écartèlement identitaire.

«La diversité de la programmation 2015 reflète la pratique multidisciplinaire du milieu artistique des communautés francophones du Canada et des régions du Québec.»

René Cormier
directeur artistique des Zones Théâtrales

Il serait souvent question des préoccupations liées aux régions représentées dans la manifestation: récits d'exils et de solitude, d'errances, quêtes de liberté et d'identité. «J'ai l'impression que René cherche quelque chose de représentatif des régions dans sa sélection», remarque Brian Dooley, directeur artistique et général de L'UniThéâtre à Edmonton.

À l'Ouest, le désert

La manifestation est souvent présentée comme l'occasion bisannuelle de prendre le pouls de la création théâtrale francophone canadienne - hors Montréal. Seul bémol, cette année: l'absence criante de l'Ouest canadien et du centre dans la «zone de spectacles». Dans ce volet 2015, la représentativité francophone s'arrête au triangle franco-ontarien Ottawa/Toronto/Sudbury. «Les Zones demeurent tributaires des calendriers de production des compagnies, explique René Cormier. Aucun spectacle n'était disponible pour cette édition.»

À l'Ouest, personne ne s'en offusque. «Cela me déçoit un peu, mais il arrive de temps en temps que nous n'ayons rien à proposer, concède Brian Dooley. S'il s'agissait d'un phénomène qui se répétait depuis plusieurs années, ce serait inquiétant, mais ce n'est pas le cas».

Certains, à l'instar de Craig Holzschuh, du Théâtre la Seizième, à Vancouver, disent préférer convoiter la zone dédiée aux lectures et pièces en chantier. «Un moment privilégié pour faire des découvertes et discuter avec les diffuseurs.» Tous attendent impatiemment de venir à Ottawa sur invitation du festival... en espérant que leurs projets insérés dans la zone de découvertes se distinguent pour une sélection en 2017.

Les coups de coeur de Joël Beddows

Figure de proue des Zones Théâtrales, Joël Beddows, programmé avec trois spectacles «radicalement différents», déborde largement toutes les étiquettes.

Metteur en scène, conseiller dramaturgique, professeur et directeur du Département de théâtre à l'Université d'Ottawa, il sera à la barre d'une pièce pour enfants (Petites Bûches, à partir de 8 ans), d'une autre pour adolescents (Avant l'archipel, présentée «en chantier» avant programmation au CNA en février), et d'une troisième pour adultes (Un neurinome sur une balançoire).

N'a t-il pas l'impression de monopoliser un peu l'affiche? «Je suis heureux, surpris et honoré», sourit-il.

Ses rendez-vous incontournables:

  • Les cinq «chantiers», véritables polaroïds de la création en cours. Des projets à découvrir.
  • #pigeonsaffamés, «Je côtoyais l'équipe en répétition à l'Université d'Ottawa. J'ai entendu des voix magnifiques!»
  • americandream.ca, «Je connais Louise Naubert et Claude Guilmain depuis longtemps. J'aimerais beaucoup voir leur spectacle mais nous serons en répétitions au même moment».
  • État Vertical, à laquelle participe d'anciens étudiants, Antoine Côté-Legault et Magali Lemèle. «À mes yeux, elle est devenue une femme de théâtre qui prend des risques et propose de nouvelles formes.»

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