Conquérir par le rire et le burlesque

L'idée du spectacle s'inspire de la formule circassienne:... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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L'idée du spectacle s'inspire de la formule circassienne: alterner numéros acrobatiques et gags burlesques, mélanger parfois les deux.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Attention, mesdames et messieurs, voici venir à vous le cabaret le plus farcesque, le plus lubrique, le plus séditieux de tout l'été! Au sens propre, comme au figuré: nul besoin de bouger de sa chaise pour avoir vue plongeante sur les corps sculpturaux des acrobates, ceux-ci se déplaceront entre les chaises, debout, pour votre plus grand malaise (ou plaisir, c'est selon).

Le spectacle Empire a planté son chapiteau sur l'esplanade du parc Lansdowne, et quel théâtre! Les numéros se suivent et ne se ressemblent pas, mais présentent trois points communs: c'est drôle, sexy et franchement costaud.

Depuis sa création, à New York en 2012, ce cabaret acrobatico-lubrique a déjà fait ses preuves dans le monde entier. Australie, Japon, Nouvelle-Zélande... Jusqu'au Canada au printemps 2014 avant de revenir cette année en incluant Ottawa à sa tournée. Les nouveaux aménagements du parc Lansdowne, dans le quartier du Glebe, offraient un lieu idéal pour qu'Empire y plante son «Spiegeltent»: la scène est une estrade circulaire placée au centre d'une tente à miroirs sertie de vitraux et de velours.

L'idée du spectacle - présenté en anglais - s'inspire de la formule circassienne: alterner numéros acrobatiques et gags burlesques, mélanger parfois les deux. À la différence ici que les acrobates se présentent en porte-jarretelles et Monsieur Loyal, pas toujours vêtu. Alors immanquablement, ça force l'attention.

«Briser la glace» par la surprise

«On essaie de briser la glace» s'esclaffe l'un d'eux après avoir léché quelques crânes dégarnis dans l'assistance. Soyez prévenus: le spectacle n'attend pas l'arrivée de tous pour débuter. Composé de gags salaces à combustion rapide et de numéros assumant leur frontalité, Empire joue toutes les gammes de la surprise.

Une jeune fille au corps irréprochable se contorsionne dans tous les sens dans une bulle de plexiglas. Un couple vrille sur lui-même dans une ronde effrénée sur patins à roulettes. Torse nu, deux hommes se font tournoyer et rebondir dans tous les sens, du bout des pieds.

L'idée est bête comme chou, mais maligne comme tout. Multiplier les prouesses physiques à tour de bras, se contorsionner à tout-va et pirouetter girouette tout en jouant la carte sexy façon main au panier; autant d'ingrédients qui font monter la mayonnaise spectaculaire. Un peu facile tout de même, sympathiquement racoleur, la recette tient grâce aux joyeux débordements, aux quelques belles surprises et aux enchaînements musicaux multivitaminés.

Ça déborde, ça part en vrille, ça crache et mouille le premier rang, ça se déshabille au gré d'une mise en scène qui ne craint rien, surtout pas le pire. Jusqu'au numéro final, véritable tour de force - et d'équilibre, en contrepoids radical à tout le spectacle. Une histoire de légèreté méticuleusement érigée, de plume victorieuse et de silence admiratif.

De quoi faire fondre les quelques lourdeurs qui auraient pu laisser cet Empire dans les limbes de la vulgarité.

Pour y aller

Quand : Jusqu'au 23 août

Où : Cour Sud du parc Lansdowne

Renseignements : spiegelworld.ca

Spectacle déconseillé aux moins de 13 ans

Mcucchi@ledroit.com

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