Mario Tessier, Seul comme un grand à Gatineau

C'est le public de Gatineau, où l'animateur-humoriste a... (Archives, La Presse)

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C'est le public de Gatineau, où l'animateur-humoriste a choisi d'étrenner son tout premier one man show, qui déterminera si Mario Tessier a bien fait d'ouvrir ses ailes.

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Mario Tessier est prêt à affronter la scène Seul comme un grand. Et c'est le public de Gatineau, où l'animateur-humoriste a choisi d'étrenner son tout premier one man show, qui déterminera si l'ex-Grande Gueule a bien fait d'ouvrir ses ailes et se lancer en solo, ou si, en Icare, il va se la casser.

Après plus de 30 ans de radio, on se «tanne». C'est donc pour «se garder en vie artistiquement» et «se mettre en danger» que Mario Tessier a choisi ce stimulant défi. Et puis «la scène me manquait», avoue celui qui a participé à deux spectacles avec son inséparable complice des Grandes Gueules depuis 32 ans, José Gaudet.

Mario Tessier a aussi fait «plusieurs apparitions» à Juste pour rire et divers galas, le temps de courts numéros entre amis. «Et à chaque fois je trouvais que c'était trop court.»

Son sujet? Lui-même. «Je raconte ma vie; j'ai enlevé tous les bouttes plates... Il reste deux heures», se plaît à répéter Mario Tessier, aujourd'hui âgé de 44 ans.

Il précise n'avoir pas essayé de «réinventer la roue» mais, pour être «aussi original que possible», au milieu de la cinquantaine de spectacles d'humour qui tournent au Québec, «la seule solution que j'ai trouvé, c'est d'être 100 % moi...»

Alors, on «remonte le temps», à coups d'anecdotes biographiques. Ça commence dès sa naissance, lorsque le bambin Tessier pointe sa binette en pleine «tempête du siècle», en 1971. Des images sont d'ailleurs projetées à l'arrière-scène, afin d'accompagner cette autobiographie illustrée.

Mais il y a un twist, promet Mario Tessier.

D'abord, son spectacle se veut «très différents des shows d'humour habituels [où] une seule émotion est véhiculée».

«Quand je vais voir un artiste, j'aime qu'il me fasse faire un petit tour dans sa tête. Moi, je chante. Je danse. Je suis un gars qui aime faire un paquet de trucs dans la vie et mon spectacle est à cette image.»

Explorer l'émotion

Son stand-up à l'américaine, il le voit plutôt comme un road movie. Pour ce voyage, Mario Tessier visite donc «plein de zones», y compris des «moments plus touchants», car il voulait «de la substance» entre les rires. «Du gras autour de l'os.»

Sans crier gare, l'humoriste alterne donc entre «les passages où on rit aux larmes» et ceux «plus émouvants, où je pourrais entendre les mouches voler», quand il aborde par exemple la mort et le deuil. «Ce feeling-là, avec lequel je n'avais jamais vraiment travaillé sur scène, c'est jouissif. J'aime vraiment passer d'une ambiance à l'autre.»

«L'élément déclencheur» de Seul comme un grand aura été une prestation en solo de Billy Crystal, comédien et humoriste américain qui a laissé Mario Tessier pantois, il y a quelques années.

«J'ai beaucoup ri, mais j'en suis surtout sorti complètement bouleversé. Ce n'est pas lui qui vit l'émotion: il se contente de proposer la boîte dans laquelle chacun peut vivre ses propres émotions.»

C'est pourquoi «avec Serge Postigo, mon metteur en scène, on a beaucoup travaillé l'histoire. [...] Je ne voulais pas que ce soit juste une succession de 'lignes'» rapaillées ensemble pour donner l'impression qu'un récit existe.

«Le jeu, aussi est très important. [...] Les gens rient, mais c'est l'histoire qu'ils applaudissent, et non les gags», se réjouit Mario Tessier, qui a eu l'occasion de tester des portions du spectacle en faisant les premières parties d'autres humoristes, avant de le roder quelques soirs à Eastman (mais sans décor; celui-ci sera planté pour la première fois à la salle Odyssée).

Personnages témoins

Le spectacle est très exigeant physiquement. C'est qu'il y incarne de nombreux personnages, intégrés à son histoire. «Il y a de nouveaux personnages, et beaucoup que j'ai déjà fait à la radio, mais rien n'est déguisé. [Trempé de sueur], je pourrais tordre ma chemise à la fin de chacune des deux parties».

Le twist, il est ici: plutôt que d'être, comme le veut la logique, le narrateur de sa propre existence, Mario Tessier laisse à ses personnages le soin de raconter sa vie à lui. Tels des témoins.

«L'idée c'est de montrer au public tout ce qu'il se passe dans ma tête - et il y en a, du stock! - mais c'est comme si je n'étais pas conscient. Et les images projetées sur le décor, qui fait un 180º, viennent appuyer le propos. C'est plus intéressant, je trouve.»

Mario Tessier estime que son spectacle rejoint l'esprit du film 1987, de Ricardo Trogi, «où on se promène dans la nostalgie de quelqu'un, mais on a nos repères».

«Le commentaire que je préfère, des gens qui ont vu le spectacle, c'est quand ils me disent: "Tu racontes ton histoire, mais on a l'impression que c'est un peu la nôtre."»

Pour y aller

OÙ? Maison de la culture

QUAND? Les 15, 16, 17, 18 et 24 et 25 juillet 2015, à 20 h

RENSEIGNEMENTS: 819-243-2525 ; odyssee.ca

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