Ouvrir la porte sur l'humour

La pièce TOC TOC, qui fait fureur auprès... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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La pièce TOC TOC, qui fait fureur auprès des français, a été adapté pour le public québécois.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Cet été, pour rire un bon coup, direction Théâtre de l'Île du secteur Hull. Mise en scène par Sylvie Dufour, la comédie TOC TOC rime avec intelligence, humour décapant et plaisir assuré. Adaptée pour le public québécois, la pièce de Laurent Baffie qui a fait fureur en France promet - sans conteste - de faire mouche jusqu'à la fin août.

Le réputé Dr Stern, une sommité mondiale dans le domaine des troubles obsessionnels compulsifs (TOC), est retenu à New York, son vol ayant pris du retard. Dans un cabinet, six personnes qui ont obtenu un rendez-vous de peine et misère l'attendent patiemment, se dévoilant tour à tour au fil de questions, de blagues, d'une partie de Monopoly et de situations loufoques. Le spectateur fait d'abord connaissance avec Fred (Richard Bénard), atteint du syndrome de Tourette. Se joindront à lui Vincent (Dave Jenniss), un compteur compulsif ; Blanche (Manon St-Jules) qui a la phobie des microbes ; Marie (Chantale Richer), une dévote obsédée par la vérification ; Lili (Mariève Gauvreau-Presseau), une jeune fille qui répète tout deux fois ; et Bob (Louis Pariseau), pour qui la symétrie et les lignes sont à la fois plaisir et hantise. Et puis, il ne faudrait pas oublier la colorée secrétaire (Chloé Tremblay) à l'accent français lyrant et aux perruques rigolotes qui tentera ici et là de calmer la grogne de cette joyeuse bande de « marginaux » ô combien attachants.

Le rire arrive dès les premières minutes avec un Richard Bénard absolument époustouflant et fascinant dans son rôle de retraité atteint du syndrome de Tourette. Un mot, un geste et voilà que les éclats fusent de toutes parts. Injures, vulgarités, gestes obscènes, soubresauts, tout lui sortira de la bouche et du corps à un rythme effréné sans jamais qu'il ne tombe dans la caricature. À lui seul, la pièce vaut le détour.

On saluera également le jeu de Dave Jennis en chauffeur de taxi un peu primate à ses heures et celui de Chloé Tremblay en adjointe écervelée dont les apparitions se font trop rares. Si certains comédiens manquaient d'aplomb au départ (nervosité de soir de première ?), ils vont toutefois gagner en assurance au fur et à mesure de la soirée.

Le succès de la pièce repose sur un texte béton, construit adroitement par Laurent Baffie, ex-fou du roi à l'émission Tout le monde en parle en France. Ici, le TOC de l'un répond à celui de l'autre, comme dans une partition musicale réglée au quart de tour, pour en faire ressortir des couches multiples de sens et d'humour. Au-delà du rire - abondant, parfois facile, mais toujours jouissif -, elle force le regard et la réflexion sur des troubles pour la plupart méconnus et comment les personnes qui en souffrent, par leur étrangeté et leur différence, sont souvent ostracisées.

La metteure en scène Sylvie Dufour, assistée de Sacha Dominique, a habilement réussi à faire vivre ce texte dont les répliques pourraient facilement tomber à plat si on ne lui insuffle pas le rythme et le ton nécessaires. Saluons aussi la « chorégraphie » des sept personnages qui s'agitent sans cesse dans un décor exigu et fort bien conçu par Julie Groulx.

Au retour de l'entracte, une mise en garde s'impose. Les rires atteindront un niveau record de décibels. Les TOC exacerbés au maximum et la multiplication des quiproquos donneront des scènes hilarantes, les comédiens peinant à étouffer leurs propres gloussements. Quant à la conclusion, surprise totale. Une finale comme on les aime.

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