Les 12 travaux de Caroline

Caroline Yergeau... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Caroline Yergeau

Patrick Woodbury, LeDroit

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« Cinéma est mon plus grand défi de mise en scène jusqu'à maintenant, s'exclame Caroline Yergeau, directrice artistique du Théâtre Belvédère, coproducteur avec le Théâtre de la Catapulte de la pièce qui fut présentée à la fin mai. C'est la fois où je suis allée le plus loin dans la création d'un univers émotif. J'ai appris à me fier davantage à mon instinct, moi qui suis au départ très rationnelle, explique celle qui porte aussi le chapeau d'orthophoniste.

Pour elle, ce fut aussi l'occasion de s'affirmer davantage dans ses choix. « Ça a été stressant, le texte de Mishka Lavigne est difficile à monter, renchérit-elle. J'ai réalisé à quel point la décision finale sur chacun des aspects de la création revient au metteur en scène afin que sa vision soit respectée. »

Durant le même mois, elle a aussi créé le Parcours Vanier, en collaboration avec le Muséoparc de Vanier, une activité née du désir de s'investir dans la communauté avec sa compagnie. Elle a écrit les textes avec Antoine Côté Legault, les deux interprétant également des personnages historiques, avec trois autres comédiens, qui se racontaient dans un circuit de deux heures.

« On a fouillé les archives et les bibliothèques. On a consulté le personnel du musée et fait une visite privée du cimetière Beechwood avec l'historien Michel Prévost, dit-elle les yeux brillants. C'était vraiment le fun de jouer dehors devant les spectateurs et de voir leurs réactions. »

La femme de théâtre s'envolera sous peu vers le France pour atterrir dans les Cévennes où, pendant deux mois, au Centre Artistique International Roy Hart, elle suivra deux stages sur la voix. Elle en sera à son troisième séjour là-bas, le premier grâce à une subvention de perfectionnement professionnel du Conseil des arts de l'Ontario en 2013 et l'autre, payé de son pécule, l'été dernier. Mais d'où vient donc cette passion ?

« J'ai toujours été fascinée par la voix en contexte de performance. Au centre, j'apprends comment y chercher diverses nuances pour mieux rejoindre le public. Venant de l'intérieur, elle est connectée aux mouvements et aux émotions et, par le fait même, indissociable de la pratique du comédien. »

Bibliothécaires, psychanalystes, artistes et autres partagent en ce lieu leur intérêt pour la voix, chacun y trouvant son compte à sa façon. « Au Centre, je n'ai rien à produire, ajoute-t-elle, presque soulagée. Je n'ai qu'à être là, libérée de toute attente, donc j'arrive à me donner entièrement. Je suis habitée par une énergie créatrice qui me permet d'exploiter des zones que je n'oserais pas explorer ici. »

Pour couronner le tout, elle siège depuis peu au conseil d'administration de Théâtre Action, en digne représentante des artistes pigistes. « La question du financement demeure un enjeu de taille, tant pour les artistes établis qu'émergents, ces derniers étant de plus en plus nombreux, explique la metteure en scène. Nous sommes 'un' milieu et non 'des' milieux. Il faut réfléchir à une meilleure cohabitation entre les deux, et avec les bailleurs de fonds. »

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