Une soirée de poésie unique

Sur la scène, le contrebassiste Daniel Boivin, le... (Courtoisie)

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Sur la scène, le contrebassiste Daniel Boivin, le batteur Pascal Delaquis (absent sur la photo), Geneviève Toupin et les comédiens Geneviève Couture et Gabriel Robichaud.

Courtoisie

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La soirée terminée, ils étaient plus d'une douzaine en file, attendant patiemment pour saluer l'auteur David Ménard. C'est qu'elle était belle, hier, sa poésie tirée de Neuvaines, une parole empreinte d'amour écorché et de lumière que cinq interprètes ont sublimé en mots, en musique et en chansons. Comme si, depuis toujours, ils en étaient les dépositaires.

«Anne-Marie White et Geneviève Toupin ont fait un travail remarquable pour faire ressortir la musicalité de mes textes dont je ne soupçonnais même pas l'existence, s'exclame en riant le poète.

Ce spectacle, tout à fait inespéré et inattendu, c'est comme un miroir vivant de tout ce que j'ai vécu, du grotesque au sublime. Tout refait surface, ajoute-t-il, l'émotion dans les yeux.

Présentée au bistro Maxwell's dans le cadre de la Scène Ontario, cette première mouture de Neuvaines faisant 45 minutes étonne par son côté quasi-presque-fini. Un maigre 35 heures aura suffi pour jeter des bases solides, pour ne pas dire «béton», à ce qui deviendra un spectacle complet de 60 à 80 minutes qui prendra l'affiche lors de la saison 2015-2016 de Théâtre du Trillium.

Sur scène, la comédienne Geneviève Couture, dont on connaît le talent et le magnétisme, trouve en Gabriel Robichaud son équivalent masculin, celui-ci lui donnant la réplique avec un aplomb et un charisme désarmant. Une complicité évidente régnait entre les deux acteurs assis devant un lutrin, ceux-ci flirtant habilement avec le poétique, le comique et le dramatique, le tout dans une ambiance résolument décontractée.

Ainsi, la poésie s'élance: une phrase, toute seule, appelle quelques notes, celles-ci se faisant ensuite silencieuses pour laisser place aux dialogues, la musique reprenant de plus belle pour faire naître des chansons.

Avec sa contrebasse, Daniel Boivin dessinera avec grande finesse tous les pourtours de l'amour alors que Pascal Delaquis, de sa batterie, fera exploser les blessures du coeur.

Soulignons le travail remarquable de l'auteure-compositrice-interprète Geneviève Toupin qui est le maître d'oeuvre des compositions musicales et dont on a pu entendre la voix durant le spectacle, tantôt aérienne, tantôt puissante, s'accompagnant au piano ou, encore, à l'accordéon.

Grâce à elle, on peut dire qu'il existe maintenant des chansons de la poésie de David Ménard, des chansons qui peuvent vivre en dehors de l'objet théâtral tant les mélodies et les arrangements sont finement construits.

En parfaite communion, les cinq interprètes se sont franchement amusés à transmettre aux spectateurs ce qui visiblement les a touchés au plus profond d'eux-mêmes.

Il faut remercier la metteure en scène Anne-Marie White d'avoir eu le flair de choisir Neuvaines, publié aux éditions L'Interligne. Il faut aussi applaudir sa direction artistique qui au service de la parole de l'artiste, le public se laissant transporter d'un bout à l'autre par une voix poétique dont on découvre, autrement, toute la portée.

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