La Cantatrice chauve, classique de l'absurdité

La Cantatrice chauve raconte la rencontre entre deux... (Courtoisie)

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La Cantatrice chauve raconte la rencontre entre deux ménages bourgeois et leurs conversations futiles.

Courtoisie

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Le metteur en scène Mathieu Charette revisite pour une deuxième fois La Cantatrice chauve, un classique de l'absurde qui sera présenté dès mercredi au Théâtre de l'Île. «J'adore cette pièce, s'exclame-t-il avec toute la fougue qu'on lui connaît. Elle a un côté rebelle qui me ressemble et une folie que les spectateurs savent apprécier!»

La Cantatrice chauve est la première pièce de théâtre écrite par Eugène Ionesco. Créée en 1950 à Paris, l'oeuvre - déroutante - a reçu un accueil mitigé de la part du public et de la critique avant de devenir un incontournable du répertoire français. Depuis 1957, elle est à l'affiche au Théâtre de la Huchette, cumulant à ce jour quelque 18 034 représentations, ce qui en fait l'une des pièces les plus jouées en France.

«C'est "le" grand classique de l'absurde, souligne-t-il. C'est aussi une satire du théâtre en soi parce que Ionesco se joue des codes. Il déconstruit ce qu'est traditionnellement une pièce de théâtre.»

L'histoire est campée dans le salon du couple Smith, bourgeois londoniens, qui invite les Martin à dîner. La rencontre entre les deux ménages donne lieu à des échanges futiles qui illustrent le vide des conversations ordinaires. Absurdité, non-sens et impossibilité de communication marquent les échanges qui s'embrouillent encore davantage lorsque la bonne Mary et le capitaine des pompiers décident de s'en mêler.

«Ionesco fait un clin d'oeil à une certaine bourgeoisie qui ne parle que de la pluie et du beau temps, explique-t-il. La pièce détraque, rien ne se déroule comme prévu, ce qui peut déstabiliser le spectateur. Cela dit, croyez-moi, c'est une excellente comédie!»

Cette pièce à laquelle jadis on a reproché le manque d'intrigue comporte donc son lot de difficultés pour quiconque tente de s'y frotter. Afin d'en faire ressortir tout le délire et le comique, une mise en scène et une direction d'acteur d'une grande justesse sont indispensables.

«Il faut éviter de tomber dans la caricature, ce n'est pas ce que Ionesco a écrit, rappelle-t-il. La pièce est très hétéroclite et fantaisiste. Les répliques deviennent des mots qui eux se transforment en syllabes, le discours se détruisant devant nous. Malgré cela, il y a bel et bien des couches de sens. C'est une mécanique rythmée, impeccable et totalement hilarante qu'il faut rendre sur scène.»

Heureusement pour lui, la troupe de citoyens-comédiens composée d'Isabelle Beauregard, Éric Beevis, Bénédicte Bélizaire, Annik Boutin, Jérémy Favreau et Guy Naud connaissait déjà la pièce et s'embarquait avec enthousiasme dans l'aventure.

«Les comédiens ne peuvent pas se construire une identité de leur protagoniste, ce qu'on appelle en théâtre la "poutine" du personnage, celui-ci n'ayant pas de passé, de jardin secret, fait-il valoir. Ils doivent trouver un sens dans des dialogues qui se contredisent, qui ne sont pas raccordés ensemble, donc, ça, c'est un gros défi pour eux.»

Il y a 17 ans de cela, Mathieu Charette montait pour la première fois La Cantatrice chauve alors qu'il étudiait en théâtre à l'université. «Cette pièce-là ne prendra jamais une ride parce qu'elle est atypique, incomparable. Les Québécois sont habitués à ce genre d'humour qu'est l'absurde, on le retrouve dans des émissions comme La Petite Vie, Le coeur a ses raisons et chez les Marc Labrèche de ce monde. Donc, oui, elle fait encore écho aujourd'hui.»

Pour y aller

QUAND? Du 29 avril au 30 mai 2015

OÙ? Théâtre de l'Île

RENSEIGNEMENTS: www.ovation.qc.ca

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