Anne Frank revit à Gatineau

La parole d'Anne Frank est défendue sur scène... (Courtoisie)

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La parole d'Anne Frank est défendue sur scène par Mylène St-Sauveur.

Courtoisie

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Symbole par excellence de la résilience juive, Anne Franck était bel et bien vivante, jeudi soir, au Centre des arts Shenkman. Dans une mise en scène de Lorraine Pintal, la superbe production du Théâtre du Nouveau Monde tourne avec sensibilité et finesse les pages d'un journal intime adapté au théâtre par nul autre que Éric-Emmanuel Schmitt. Présentée ce soir à la Maison de la culture de Gatineau, la pièce vaut très certainement le détour.

Racontée selon le point de vue d'Otto Frank, l'histoire débute en 1945 à fin de la Seconde Guerre mondiale. Rescapé d'Auschwitz, le père a perdu sa femme Edith et ses filles Margot et Anne, les trois mortes dans le camp de Bergen-Belsen. Il ne lui reste que le journal de sa cadette écrit dans l'Annexe à Amsterdam, lieu où ils vécurent avec quatre autres clandestins, pendant deux ans, avant d'être arrêtés en 1944 par les nazis.

Ingénieuse scénographie

La pièce fait donc des allers-retours dans le temps, une scène à deux palliers permettant habilement de camper le passé et le présent. Aux côtes de la Néerlandaise Miep Gies, celle qui a caché les deux familles juives, Otto Frank lit au premier étage le journal de sa fille, découvrant ses peurs, ses réflexions, ses états d'âme et ses premiers émois amoureux. En haut, au deuxième, les protagonistes camperont la vie, la survie, le désespoir et, surtout, l'espoir qui les ont habités durant cette longue période à vivre en secret, à l'abri de tout regard.

Des projections de scènes de guerre, de marches de soldats nazis, de camps de concentration et de trains roulants nous font revivre l'horreur de la guerre sans jamais tomber dans le sensationnalisme. Des images en noir et blanc se superposent l'une à l'autre dans une poignante chorégraphie visuelle. Jorane crée quant à elle des ambiances musicales où se côtoient le mystérieux, le dramatique et le somptueux.

Les neuf comédiens sur scène se démarquent un à un, offrant tous une prestation nuancée, loin de tout pathos, grâce à une direction d'acteur à l'écoute du texte. Dans le rôle d'Otto Franck, Paul Doucet, fort convaincant, nous livre un père bienveillant, le coeur sur la main, toujours prêt à donner pour son prochain.

Dans une scène déchirante, Sophie Prégent exprimera avec justesse toute l'impuissance de Miep Gies face aux monstruosités des nazis dont toute l'ampleur se fait de plus en plus connaître. Interprétée par Marie-Hélène Thibault, Augusta Van Pels, égocentrique à souhait, nous en fera rire un bon coup avec ses répliques odieuses. Tout comme son mari, on aura peine à se retenir pour ne pas l'étrangler.

On saluera chaleureusement l'interprétation de Mylène St-Sauveur dans le rôle d'Anne Frank, la comédienne faisant brillamment retentir toutes les préoccupations d'une jeune adolescente coquine et vive d'esprit. Malgré une guerre abominable, elle sera animée par la soif de vivre - intarissable - qui viendra nous toucher au plus profond de nous-même.

Pour y aller

QUAND? Samedi 18 avril, 20h

OÙ? Maison de la culture de Gatineau

RENSEIGNEMENTS: www.maisondelaculture.ca

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