Dispute épique et rigolade en abondance

À l'origine des disputes les plus épiques se trouve souvent un détonateur d'une... (Courtoisie)

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Courtoisie

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À l'origine des disputes les plus épiques se trouve souvent un détonateur d'une rare insignifiance. Le sens que l'un lui prête - tel un coup de soleil - brûle souvent à vif l'épiderme de l'autre. Ici, il s'agit d'un prénom. Ça gratte, ça chauffe, ça irrite mais, surtout, ça fait rire un bon coup.

Le Prénom est une pièce française de Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, rendue célèbre grâce au film mettant notamment en vedette Patrick Bruel. Présentée depuis trois ans au Québec et cumulant plus d'une centaine de représentations, l'adaptation québécoise de Maryse Varda, mise en scène par Serge Denoncourt, arrive enfin à Gatineau, au plus grand plaisir des spectateurs de la salle Odyssée.

Vincent (Patrice Robitaille), parvenu de la première heure, attend un garçon avec la belle Anna (Catherine-Anne Toupin). Les amis réunis le temps d'un souper, on s'attardera à trouver un prénom pour l'héritier, ce qui donnera à des échanges les plus absurdes, dignes de la commission Charbonneau. La nature humaine - parfois raisonnée, souvent grotesque - sera exposée dans toute sa splendeur et sa noirceur.

À coeur joie et avec plusieurs dérapages sémantiques, tous voudront se mêler de ce futur prénom. De Pierre (Christian Bégin), professeur de littérature marié depuis dix ans à Élizabeth (Isabelle Vincent), maîtresse de maison et professeure de langue seconde, en passant Claude (Gabriel Sabourin), pédopsychiatre, les protagonistes dévoileront leur côté le plus obscur - et ridicule - au fil des débats qui ne sont pas sans rappeler notre dernier party de Noël trop arrosé. Ça déborde de partout, nos paroles dépassant trop souvent notre pensée.

Une distribution de calibre Rolls-Royce, telle que réunit dans cette pièce, n'est jamais un gage de qualité d'un spectacle, tout repose souvent sur un texte finement ciselé et une mise en scène à l'écoute des mots de l'auteur.

Ici, la troupe est dirigée avec brio par Serge Denoncourt, les comédien s insufflant à leur personnage une bonne dose de crédibilité, tellement qu'on arrive à reconnaître une part de soi ou celle de son prochain dans chacun d'eux.

On soulignera la cadence toujours soutenue des échanges, lesquels ne tomberont jamais dans le cabotinage, d'où la force du texte et du jeu des acteurs. On aura droit à des répliques tordantes, assassines et impayables qui jailliront de leur bouche au rythme presque synchronisé des éclats de rire des spectateurs. Ceux-ci, attentifs aux moindres sursauts comiques de l'histoire, se bidonneront allègement tout au long de la soirée.

Parmi les moments forts de la pièce, mentionnons les «pourparlers» qui - visiblement ne mèneront à aucune entente - entre Patrice Robitaille (Vincent) et Christian Bégin (Pierre), celui-ci peinant parfois à contenir son fou rire. Isabelle Vincent, qui se fera plutôt discrète au début, se fera impériale dans un long monologue sur sa condition d'épouse, de mère et de femme.

L'austérité est peut-être dans l'air par les temps qui courent mais, avec Le Prénom, soyez assurés que plaisir et rires rimeront ici avec abondance.

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