Monette, sept ans après

Serge Monette lancera son nouveal album Capital Humain,... (Étienne Ranger LeDroit)

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Serge Monette lancera son nouveal album Capital Humain, ce soir au Bar l'Avant-Garde.

Étienne Ranger LeDroit

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Le guitariste Serge Monette replonge vers les projecteurs, en lançant ce soir, à l'Avant-garde bar d'Ottawa, son troisième disque solo, Capital humain, sept ans après Bad Luck.

Ce nouvel album, qui mâtine de sonorités électroniques le folk-rock déjà passablement éclectique de l'ancien leader du groupe Cormoran, Monette le voulait introspectif et «féminin», pour s'éloigner du «rock dur et des chansons swamp-louisiane» proposées à l'époque de «18 roues».

Deux morceaux en particulier lui donnent l'occasion de traiter des blessures liées aux ruptures amoureuses qui ont éprouvé son existence. Le disque traite en filigrane du sentiment d'«isolement» et de l'importance des liens qu'on tisse avec autrui au fil des ans.

«Capital humain, c'est un retour sur soi. Et une réflexion sur mes parents et sur la société, aussi. Je parle de la solitude que vivent les vieux.» Il s'interroge sur ce qu'on laisse derrière soi. «Qu'est-ce qu'on vaut, quand on vieillit? Tu vaux ton char et l'hypothèque de ta maison... et tu vaux [la somme de] tes relations», énumère l'artiste Franco-Ontarien, soulignant ainsi le double-sens du titre qui coiffe l'album.

«Quand je serai vieux, j'espère que ma fille ne me laissera pas sur un coin de trottoir, comme-t-il», continue-t-il, mi-amer, mi-amusé, en fixant la pochette de son album qui dépeint un vieillard isolé. Assise à ses côté, en entrevue, la demoiselle, du haut de ses 16 ans, répond par un sourire silencieux mais éloquent, signifiant «T'inquiètes pas, ce n'est pas près d'arriver».

On est enté de la croire, Élodie Monette-Dugas qui marche déjà sur les traces de son père. Elle-même chanteuse et guitariste - «très talentueuse», précisera fièrement le papa - elle a participé aux choeurs sur deux chansons de Capital humain.

Elle sera d'ailleurs sur scène au lancement du disque, ce soir. Tout comme la chanteuse jazz Patrice Robinson, «une anglophone que j'assimile tranquillement», lance Monette à la blague, au sujet de celle avec qui il chante en duo «L'amour»... pièce jazzée qui devient plus croustillante quand on sait que Patrice Robinson est également sa blonde. Les deux femmes l'accompagneront lors de la tournée qui aura vraisemblablement lieu en juin. «J'aurais pu engager des musiciens professionnels, mais... been there, done that. Je préfère me concentrer sur ce qui est vraiment important. Personnel.»

Bien qu'il se soit appuyé en studio sur le savoir-faire du musicien Dave Draves, omniprésent sur cet album, Monette s'était auparavant imposé d'«arrêter d'écrire avec des boboys», prenant soin de s'entourer de femmes pour l'aider à tenir la plume.

La comédienne Danielle Aubut cosigne sept des douze chansons; Mme Robinson et la poète Véronique Sylvain sont aussi venues jouer les parolières. «Elles m'ont amené plus loin dans l'écriture et ont ajouté des images que je n'aurais pas pu trouver.» Le comédien Robert Poisson, vieux complice d'écriture de Monette, s'est contenté d'un rôle secondaire. Les couleurs féminines du disque sont renforcées par la présence d'Élodie Monette-Dugas et celle de Geneviève Toupin.

Soucieux de renouveler également les sonorités proposées, et de proposer quelque chose d'éclaté, Monette a confié à Dave Draves, propriétaire du studio Little Bull Horn, à Ottawa, le soin de co-réaliser l'album. Pendant que le guitariste accentuait «l'exploration des drums et des drumloops, Dave, qui est un génie du synthétiseur, m'a aidé à repousser l'enveloppe. «C'est un folk qui a un côté plus rock-punky», témoigne sa fille.

En parallèle, le Sudburois tisse des liens avec la jeune génération. Il enseigne la musique au sein du Conseil des écoles catholiques de centre-est (CECCE), où il est notamment responsable du programme «Focus - chanson et musique», sorte d'«école du rock» offrant aux jeunes d'Ottawa la possibilité de sortir un disque collectif, suivi d'une tournée dans les écoles, et même au Centre des arts Shenkman, qui accueillera ses plus récents étudiants du 1 au 3 juin.

«Capital humain, c'est un retour sur soi. Et une réflexion sur mes parents et sur la société, aussi.»

- Serge Monette

Pour y aller

Qui : Serge Monette

Quand : Ce soir, 17 h

Où : Bar l'Avant-garde

Tél. : 613-321-8908

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