La tablée Dufour

La Soupe de Kafka met en vedette Marc-André... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La Soupe de Kafka met en vedette Marc-André Charette, Frédérique Thérien, Patrick Potvin et Sasha Dominique et est présentée au Théâtre de l'Île.

Patrick Woodbury, LeDroit

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À table! Avec La soupe de Kafka, l'auteur Mark Crick s'est mis au défi de composer un livre de recettes d'après le style de grands écrivains. Le Théâtre de l'Île s'empare de ces pastiches littéraires et les porte sur scène dans un spectacle éponyme à l'affiche jusqu'au 11 avril.

C'est parfois cru (les répliques), ou gras (l'humour), ça manque encore un peu de sel (l'interprétation) mais la pièce présente tous les ingrédients pour que la sauce prenne. Il suffirait juste de travailler encore le pâton quelques heures.

De cette Histoire complète de la littérature mondiale en 16 recettes (comme le précise le sous-titre du livre) la metteure en scène Sylvie Dufour a jeté son dévolu sur Raymond Chandler («Agneau à la sauce à l'aneth»), Gabriel Garcia Marquez («Coq au vin»), le Marquis de Sade («Poussins désossés et farcis»), Kafka («Soupe Miso express») et Irvine Welsh («Gâteau au chocolat»). Le tout livré en une heure bien ficelée, on ne frôlera pas l'indigestion!

À chaque plat mitonné, un climat, un récit, une adéquation entre le rythme des mots et un genre musical. C'est le point fort du spectacle, présenté comme le tournage télévisé d'une émission culinaire: la musique. Et là tout y passe: flamenco chez Garcia Marquez, musique métallique pour Kafka ou orgue vampirique chez Sade, blues pour Chandler, mises en bouche swing.

Les instruments de cuisine farfouillent, fouettent et frappent. La marche à suivre culinaire ne manque généralement pas de rythme. Même la liste des ingrédients, préambule à chaque plat, fait l'objet d'un traitement astucieux.

Au menu: cinq plats plus ou moins ragoûtants qui vont de la sensuelle préparation d'un coq au vin pour un condamné à mort à la soupe miso parano, de l'acide élaboration d'un gâteau au chocolat au dépressif agneau à laisser mijoter.

Un véritable festin rabelaisien avec des moments délectables et d'autres franchement purgatifs, mais qui n'en sont pas moins intéressants.

Et l'on pense à cette scène où Patrick Potvin, en gourmand drogué, pousse la chansonnette jusqu'à «jeter un sort au beurre et à la farine» en véritable ténor. Entre ses mains, la poudre (farine, cacao...) devient sujette à toutes les interprétations; on se régale! La libre adaptation québécoise du pastiche d'Irvine Welsh semble lui donner du coeur à l'ouvrage.

Savoureuse aussi, la transposition scénique des poussins du Marquis de Sade où Sasha Dominique et Frédérique Thérien incarnent le même personnage.

À l'heure du digestif, l'agneau de Chandler, habilement mis en scène, manquait néanmoins de corps dans le jeu de Marc-André Charrette. Quant à Kafka, on lui rend hommage par le biais d'une curieuse métamorphose cartoonesque.

Après les agapes, on se dit qu'il s'agit d'une belle façon de présenter les écrivains classiques de manière ludique et humoristique. Et si le spectacle donne envie de lire ou relire les grands auteurs, la Soupe nous aura fait un peu plus grandir.

POUR Y ALLER

OÙ? Théâtre de l'Île

QUAND? Jusqu'au 11 avril

RENSEIGNEMENTS: 819-243-8000; www.ovation.qc.ca

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